Marcel et son orchestre à la fête de l’Humanité

Une dernière fois à Rouen, mais sous le signe de la fête. (photo : vincentmontagnephotography.com)

Une dernière fois à Rouen, mais sous le signe de la fête. (photo : vincentmontagnephotography.com)


76actu : Rouen est la dernière date de votre tournée en dehors des deux dernières à Lille. Comment vous préparez-vous ?
Franck, chanteur :
C’est une décision qu’on a prise de façon un peu brutale, à l’instant présent. On a mené aussi une carrière à “la va comme ça vient”. On essaie de se désintoxiquer de l’angoisse. C’est merveilleux d’avoir soulevé autant d’enthousiasme. Mais les camions et les bus ça nous gonflait. On sait qu’on avance au bord d’une falaise, on sent qu’il va se passer quelque chose. Il fallait le faire. Toutes les bonnes choses ont une fin.
On s’était dit que le jour où nous aurions envie de faire autre chose nous nous le dirions et ferions autre chose. Partout où on passe, on fait 800 à 1500 spectateurs. Nous continuons d’être enthousiasmant pour le public, c’est super, mais nous ne sommes pas comme une épicerie qui doit absolument rester ouverte. Nous sommes contents que cela se passe dans le cadre de la Fête de l’Humanité. Je suis content de soutenir un journal que j’aime bien.

Une lutte festive

Le groupe se définit par la formule « Danse, déconne et dénonce ».
C’est une formule que nous avons créée. La danse, c’est quelque chose de rebelle dans une société qui a finalement peur du corps. Savoir se railler des marchands de certitude c’est rebelle aussi. On ne va pas leur céder notre dignité, nous allons continuer de leur rire à la tronche. On veut essayer de se désintoxiquer de tout cela tout en gardant de l’énergie pour dire qu’un autre monde existe. On fait une lutte festive, mais pas solennelle, ce qui ennuierait tout le monde. Ils donnent tous des leçons en blouses blanches. Mince, sortons du cadre.

Résistance

Notamment pas le biais de vos costumes ?
On fait ce qui n’est pas permis dans la société. Avant nous, il y a eu des gens outranciers comme Elton John, David Bowie, les New York Dolls, mais ce qui m’attriste aujourd’hui c’est que la plupart des rockeurs sont des hommes sandwich d’une marque commerciale. Ils ne sont pas en résistance mais en réadaptation. Ça me fait penser aux paroles : « C’est comme vous voulez, où vous irez, j’irai ».

Critiques et succès

Le fait de ne pas être dans la norme vous avait posé des problèmes lorsque vous étiez aux découvertes du Printemps de Bourges, en 1991 ?
Lors des sélections, notre bassiste avait été invité à s’habiller autrement. A côté de cela, ils vont te programmer des groupes comme les Cramps ou autres. Et s’ils chantent au-dessous de la ceinture, on va te dire que c’est artistique, que c’est du vrai rock’n’roll lourd et sans concession. En France, si tu sors du bon ton dandy, t’es considéré comme un beauf.
Quand tu penses de la sorte par rapport aux autres, on a vite fait de te classer dans la catégorie des gens aigris. Mais, selon moi, il y a très peu de groupes rock en France. Nous avons fait trois Solidays, trois fois les Francofolies, deux fois les Eurokéennes, deux fois les Vieilles charrues… C’est fantastique, incroyable. Comment je peux être aigri après cela ? Le problème se pose pour les groupes qui ont le succès du public avant que les critiques en aient parlé. En fait, tu n’as pas le droit d’aimer sans leur assentiment. C’est quand même grave.

Le clip de la chanson Le chomage :

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Vous connaissez Rouen ?
Nous sommes passés au 106 en début de tournée. Par contre je ne connais pas les communistes de Rouen.

Vous pensez déjà à l’après Marcel et son orchestre ?
Avec l’ancien guitariste des VRP et l’ancien batteur des Suprêmes dindes, je monte Lénine Renaud. C’est une meneuse de revue pour les causes perdues. C’est très acoustique, très chanson. En fait, j’ai envie d’écrire des chansons, de faire plein de choses en ce moment. Je multiplie les projets de toutes sortes.

Sinon, dans le groupe, chacun  va avoir un chemin différent : Bouli et Tibal vont reprendre des études, un autre va ouvrir un bar…

  • Informations pratiques :
    Samedi 24 novembre, à 20h30, au Parc des expositions, avenue des canadiens, Grand-Quevilly dans le cadre de la Fête de l’Humanité.
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