Pourquoi le Groupe hospitalier du Havre a fait grève

"Agir pour l'hôpital public" demeure la principale préoccupation du syndicat MICT CGT (photo d'archives).

"Agir pour l'hôpital public" demeure la principale préoccupation du syndicat MICT CGT (photo d'archives).


Deux des syndicats CGT du Groupe hospitalier du Havre (GHH), le MICT (Médecins ingénieurs, cadres et techniciens) et le OE (Ouvriers employés), ont saisi l’appel national à la grève de la Fédération santé action sociale CGT, pour organiser, ce mardi 4 décembre, leur propre mouvement de revendication.
Si, comme leurs homologues nationaux, ils ont profité de l’occasion pour défendre « un hôpital public de qualité », les délégués syndicaux havrais ont aussi décliné un certain nombre de revendications sur le plan local.

« À l’origine de ce mouvement, un article de presse qui nous a quelque peu agacé, souligne Agnès Goussin-Mauger, l’un des représentants syndicaux, un article titré : “L’hôpital remonte la pente”. Et bien nous tenons à rappeler que si l’hôpital remonte la pente, ses salariés, eux, coulent ! »

« Une charge de travail de plus en plus lourde »

La CGT dénonce, avant toute chose, des conditions de travail de plus en plus difficiles.

« Nous enregistrons tout de même une augmentation de 46 % des maladies professionnelles qui comptent aussi bien des pathologies de l’épaule, du dos… que des déprimes ! »

Et, au niveau de l’absentéisme, le GHH, toujours d’après le syndicat, accuse un taux de 12 %, « bien supérieur à la moyenne nationale ». Ces chiffres, la CGT le dit, trouvent leur justification dans une charge de travail de plus en plus lourde demandée au personnel des différents établissements du GHH. Est cité d’emblée le problème du manque de remplacement.

« À Pierre Janet (Ndlr : l’hôpital psychiatrique du Havre), on compte un remplacement pour cinq absences. Pour pallier le problème, la direction demande aux personnels de revenir sur ses temps de repos hebdomadaires, sur ses RTT ou encore sur ses congés, puisque l’hôpital doit pouvoir fonctionner 24h sur 24 et assurer un service de qualité », développe la syndicaliste.

« Remettre l’humain au coeur de l’hôpital »

Le phénomène n’est pas nouveau. « En quatre ans, nous avons perdu 50 à 60 emplois au GHH ». Mais il s’intensifierait. Aussi, la CGT entend mobiliser pour « remettre l’humain au coeur de l’hôpital alors que les salariés sont nombreux à avoir le sentiment de ne plus être reconnus et respectés pour leur travail ».
Les syndicats MICT et OE de la CGT s’inquiètent aussi de la récente refonte des primes, qui « contraint désormais certains agents à une obligation de remboursement de primes perçues par erreur, sous les deux prochaines années » ou encore du « glissement des tâches ».  Agnès Goussin-Mauger s’en offense :

« Alors que l’hôpital était le garant des compétences, on s’aperçoit qu’il impose à son personnel, dorénavant, d’assumer des tâches pour lesquelles il n’a pas été formé. »

Et d’évoquer le cas d’élèves-infirmiers, en stage, qui remplacent des aides-soignants de nuit.

Prochain CHSCT, à la mi-décembre

Ils ont été une cinquantaine à se mobiliser cet après-midi. « Ce n’est pas énorme, concèdent les syndicats, mais nous avons tout de même recueilli les revendications de nombreux services de l’hôpital ».
Des revendications que les grévistes sont allés porter à la direction de l’établissement. Direction, qui, selon les dires de la CGT, n’a pas souhaité discuter plus avant, ni même ouvrir de négociations. La CGT attend désormais le prochain comité technique d’établissement, puis le prochain CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) consacré aux risques psychosociaux pour aborder de nouveau la place des salariés dans leur travail et obtenir des avancées.
Ces deux prochains rendez-vous sont fixés durant « la première quinzaine de décembre ».

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