Les riverains sont déterminés à refuser l'implantation du crémation à proximité de leurs habitations.
Le Hameau du Quesné, inclus dans le nouvel éco quartier du Grand Hameau et à proximité de Bléville, s’organise. Depuis septembre 2012, les riverains de ce paisible hameau se sont structurés en association pour combattre un projet d’implantation de crématorium. Jean-Claude Brunel, secrétaire adjoint de Bien vivre au hameau du Quesné, est déterminé à combattre ce projet dont « les riverains ne veulent pas. »
Rappel des faits
En 2011, la Ville du Havre convie les habitants du Grand Hameau afin de leur exposer un projet d’implantation de complexe funéraire sur un terrain contigu aux habitations :
« Peu de gens ont assisté à cette réunion et les questions soulevées par l’assistance n’ont pas trouvé de réponse », rappelle Jean-Claude Brunel. C’est par voie de presse, en avril 2011, que les habitants apprennent la concrétisation du projet : « On découvre alors que les plans sont faits et que le délégataire a été choisi. » Jean-Claude Brunel déplore un manque d’échanges et de dialogue : « La ville n’a pas cherché à communiquer. En juin 2012, elle a organisé une réunion qui a tourné court. Nous n’avons pu nous faire entendre auprès de Madame Mariette, en charge du dossier. »
Une association de riverains
Forts de ce constat, les habitants du Hameau du Quesné, « un hameau typique du pays de Caux, avec des talus plantés d’arbres, des mares, des vergers », ont décidé de poursuivre le combat.
« Nous ne voulons pas de ce complexe funéraire au pied de nos maisons. Nous avons différents arguments pour expliquer notre refus et nous souhaiterions que les élus nous écoutent et nous entendent.»
Le président de l’association, François Maîtrepierre, doit rencontrer prochainement Agathe Cahierre, première adjointe, pour lui présenter les doléances de l’association qui s’oppose au projet. « Nous espérons faire entendre notre voix. Ce projet est en porte-à-faux avec l’éco quartier du grand hameau.» Une réunion de quartier devrait se tenir jeudi 13 décembre à Bléville à 18 h 30, l’occasion pour les habitants de dérouler leur argumentaire.
Des risques de pollution
L’association, en premier lieu, défend son cadre de vie : « Nous ne remettons pas en cause la notion d’utilité publique du projet, mais nous souhaitons que soit étudié un autre lieu d’implantation.» Les habitants craignent que le complexe funéraire dégrade le paysage et que le crématorium prenne le pas sur la campagne environnante. Le premier danger est donc la pollution visuelle. Par ailleurs, le terrain choisi serait inadapté car proche d’un nouvel îlot d’habitations dédié au développement durable. C’est donc l’incohérence du lieu d’implantation que pointent du doigt les membres de l’association : « Non loin, il y a aussi un centre commercial, un hôpital et une résidence pour personnes âgées. Le Grand Hameau, c’est un lieu de vie.» Les riverains veulent donc défendre leur qualité de vie et s’inquiètent des risques de toxicité des fumées :
« Personne ne nous répond à ce sujet. Or, nous savons que la crémation est dangereuse puisqu’au sortir des fours sont installés des filtres.» À la recherche de réponses concernant la dimension écologique du projet, l’association interroge les autorités. « Nous ne pouvons imaginer que les enfants respirent ces fumées, sans même connaître les dangers potentiels. Puis, n’oublions pas l’aspect moral : enfants et lycéens côtoieront la mort, voyant s’échapper des fumées du four crématoire.»
Un problème de moralité
Les pollutions visuelles, sonores et environnementales inquiètent les riverains, mais Jean-Claude Brunel évoque aussi un problème de moralité et déclare en substance : « Il y a des jeunes aux alentours et la proximité de la mort via les fumées nous semble dérangeante.» Non loin du Grand Hameau s’étend pourtant le cimetière de Bléville. La mort semble bel et bien continuer de faire peur. Elle demeure à l’écart des villes, en lisière des centres urbains, comme si elle devait être occultée. Installer un crématorium à proximité d’habitations, serait-ce briser un tabou ? Pour l’heure, les riverains souhaitent que les élus prennent en considération leurs arguments :
« Nous souhaitons que le projet soit revu et qu’un nouveau site pour l’implantation soit envisagé.»
Les riverains attendent la réouverture du dialogue. La Mairie, contactée ce jour, n’était pas en mesure de répondre à nos questions, l’inauguration imminente du tramway mobilisant un grand nombre d’adjoints, d’élus et de collaborateurs. Une réponse prochaine de la Ville devrait être fournie à 76actu. L’occasion de revenir sur le conseil de quartier de Bléville qui aura lieu le 13 décembre prochain, à 18 h 30, salle des fêtes de Bléville et sur le projet même de complexe funéraire.