Gilbert Versluys : le portrait intime d’une personnalité attachante

Gilbert Versluys

Gilbert Versluys


Sa longue silhouette et ses superbes moustaches sont connues dans tout Gournay et même au-delà. Président cantonal du Souvenir français, impliqué dans de nombreuses associations patriotiques et culturelles, Gilbert Versluys publie aujourd’hui ses mémoires. Sous le titre « Le XXe siècle vécu par un Gournaisien », il revient sur sa jeunesse Brayonne et évoque une vie rurale qui a bien changé.

Un ado dans la guerre

Né d’une famille de cultivateurs, aîné d’une fratrie de sept enfants, Gilbert Versluys avoue d’ailleurs avoir mangé sa part de « vache enragée », et, par ses écrits, corrige la peinture quelque peu idyllique habituellement dressée des Trente Glorieuses : Gilbert Versluys était encore à la frontière de l’enfance et de l’adolescence quand, le dimanche 3 septembre 1939 à 15 heures, l’Angleterre et la France ont déclaré la guerre à l’Allemagne. Exode, privations, service du travail obligatoire auquel il sera réfractaire, cette période l’a profondément marqué. « La guerre m’a fait rater le bonheur que j’espérais », confie-t-il aujourd’hui.

« J’en ai vu de toutes les couleurs, à l’époque, nous ne connaissions pas le chômage, mais pour vivre, il fallait trouver du travail ».

Mille métiers

Après une période militaire auprès des FFI qui l’a mené de Beauvais aux bords de la Meuse, puis jusqu’en Allemagne au cours du terrible hiver 45-46, Gilbert Versluys s’est en effet retrouvé aux houillères de Lorraine, embauché comme mineur de fond devant travailler à 600 mètres. Mais le métier n’était pas vraiment fait pour lui : « il faut être fils de mineur pour ce métier », écrit-il, « je ne regrette pas d’avoir essayé, cela m’a permis de connaître les mineurs de fond ».

Pris de la nostalgie du pays de Bray, Gilbert Versluys décide alors de revenir en Normandie. Mais à la ferme, il n’y a pas de travail et plus de place pour lui. Alors, après s’être essayé au maniement d’un laminoir à Sérifontaine – avec un résultat assez cocasse, il faut bien le dire -, avoir travaillé quelques jours à la SNCF, il a trouvé embauche dans le secteur agricole, comme commis de ferme. Puis il s’est essayé à la poissonnerie, avant de revenir « aux vaches » et finalement terminer sa carrière comme VRP dans une entreprise de construction agricole. « Cela m’a permis de devenir “millionnaire du kilomètre” par la prévention routière », souligne-t-il.

Bénévolat

En pays de Bray en 1942, grâce à un instituteur, il a découvert le théâtre et la musique. De 1972 à 1977, il a été élu au conseil municipal de Neuf-Marché. Dans ses mémoires, il revient d’ailleurs sur l’affaire qui a gâché sa fin de mandat et l’a poursuivie jusqu’en 1990, et dont il confie « avoir terriblement souffert » : « C’était une honte de nous humilier de la sorte, le maire sortant et moi ».
Dès 1979, on le retrouve encore à la présidence du Syndicat d’initiative de Gournay, puis, de 1986 à 2000, dans la troupe des « Baladins de la Morette » et à la commission de sauvegarde du patrimoine. Sans oublier le club de football, la création de l’association « Les amis du jumelage » ou encore les nombreuses associations patriotiques au sein desquelles il officie encore.

« Le travail n’a pas été facile, mais je suis heureux de ma réussite. Le bénévolat m’a donné beaucoup de plaisir et j’en garde des souvenirs merveilleux. J’ai survécu à la guerre, des drames, des conflits et malgré tout cela, aujourd’hui, je me dis que je vis une retraite paisible dans ma Normandie chérie »

En quelque 80 pages, « Le XXe siècle vécu par un Gournaisien », disponible auprès de l’auteur et dans les librairies gournaisiennes, dresse donc le portrait intime d’une personnalité attachante.

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