Gournay : le Dr René Jacques Vallois a transformé Gournay

Il est parti discrètement, à la veille de Noël, à l’âge de 92 ans. Ses obsèques ont été célébrées mercredi 26 décembre en la collégiale St-Hildevert de Gournay. Bien que peu répandue, la nouvelle du décès du Dr René Jacques Vallois a marqué bon nombre de Gournaisiens qui étaient ses amis, ses anciens patients et anciens administrés.

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Médecin généraliste, il a en effet fait naître de nombreux bébés du canton. Maire de Gournay pendant un an seulement – un des mandats les plus courts de l’histoire de la ville avec celui de M. Bourgeois en 1871 – il n’en a pas moins initié de nombreux travaux, qui ont durablement marqué la ville.

Arrivé en 1947

Natif de Pont-Audemer, le Dr René Jacques Vallois est arrivé à Gournay en octobre 1947. Médecin généraliste, son cabinet était situé face à l’école Georges-Brassens. À deux pas de la mairie. Est-ce par cette proximité qu’il s’est intéressé à la vie politique locale ? Dès 1959, il sera en tout cas élu au conseil municipal de Gournay, avant d’accéder au fauteuil de maire à la suite des élections municipales de mars 1977.
Ce jour-là, une assistance nombreuse s’était déplacée à l’hôtel de ville, pour suivre en direct l’élection du premier magistrat. « L’Éclaireur » évoquait même une salle « archi-bondée », ce qui est assez rare. Par 23 voix, contre 3 à Michel Mille, le candidat de la gauche, le Dr Vallois a donc pris la succession du Dr Delatre.
« Il n’est pas resté maire de la ville très longtemps, mais je dois dire qu’il a été un maire actif et efficace. Il a initié toute une série de projets dont Gournay bénéficie encore aujourd’hui dans les domaines du sport, de la culture, de l’animation du centre-ville. Il avait pris un ou deux mois de vacances pour réfléchir à tout cela », se rappelle Michel Descarpentrie, longtemps responsable de la rédaction du journal.

Centre urbain secondaire

C’est en effet le Dr Vallois qui a mis en place, dès le mois de juillet 1977, le projet de Centre urbain secondaire, en gestation depuis 1973 avec l’Établissement public régional de Haute-Normandie et le Département de Seine-Maritime. L’objectif de ce dispositif était de promouvoir les villes de moins de 20.000 habitants, renforcer leur zone d’influence et rééquilibrer, au sein du Département, le plateau Nord. Pour cela, il fallait faire émerger des projets renforçant l’attractivité du centre-ville, destinés à accroître l’influence de la ville sur son pays par ses services, développer les animations culturelles et commerciales et promouvoir l’emploi. L’équipe du Dr Vallois avait alors proposé un aménagement de l’Epte, l’implantation d’un terrain de camping et d’un plan d’eau boulevard des Capucins, l’amélioration des quartiers neufs (lotissement GMF) pour les rendre plus accueillants et l’agrandissement de la station d’épuration. En septembre 1977, d’autres projets « à moyen terme » ont également été adoptés : l’extension du réseau d’assainissement des quartiers neufs, l’aménagement des chaussées et trottoirs rues Croquet-du-Bosc et Charles-Gervais, le renforcement du réseau d’eau entre le carrefour des Andelys et l’usine Gervais et l’aménagement d’une rocade entre les derniers collectifs Seminor et la Côte Saint-Aubin. « Un seul de ces projets n’a pas vu le jour : le développement du tourisme avec l’aménagement du boulevard des Capucins et le lac. Mais aujourd’hui, on parle du jardin d’eau », souligne Michel Descarpentrie.

Démission

Mais le 18 avril 1978, coup de théâtre. À l’issue d’un conseil municipal dédié à la présentation du budget primitif, le maire annonce qu’il a demandé au sous-préfet d’être relevé de ses fonctions. Deux de ses adjoints en ont fait autant. Dans le courrier qu’il a lu à l’assistance, il évoque les difficultés de concilier la gestion de la ville et son activité de médecin généraliste, mais aussi des divisions au sein de son équipe. Même si la crise couvait depuis un certain temps, cette démission, qui a permis à Robert Duranton de prendre le relais au mois de mai, a surpris tout le monde.

Resté conseiller municipal, il a poursuivi sa carrière de médecin généraliste en ville et au sein de l’hôpital, dont il était aussi l’un des administrateurs. Il a aussi, pendant plus de 15 années, exercé des responsabilités au service des jeunes et de la communauté éducative de l’institution Saint-Hildevert, dont il a présidé l’organisme de gestion et où sa fille, Marion Vallois, enseigne encore. Lors de ses obsèques, il a été dressé le portrait d’un homme de grand bon sens, d’un grand-père à l’écoute de tous ses petits-enfants.

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