Cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée : quel avenir pour la relation franco-allemande ?

J’ai participé ce mardi à Berlin aux côtés du Président de la République et de 400 collègues députés à la cérémonie commémorant le cinquantième anniversaire de la signature du Traité de l’Elysée. En marge de cette manifestation organisée au Bundestag, j’ai été interrogée par une journaliste de l’Express sur le devenir des relations franco-allemandes.

Je vous invite ci-dessous à prendre connaissance de cet entretien.

France-Allemagne: « Idéaliser le modèle allemand crée une relation asymétrique »

Propos recueillis par Amandine Seguin, publié le 22/01/2013

La France et l’Allemagne célèbrent le cinquantenaire du traité de l’Elysée scellant leur réconciliation historique, ce mardi à Berlin. Les députés français et allemands sont réunis au Bundestag. Parmi eux, Estelle Grelier, vice-présidente socialiste du groupe d’amitié France-Allemagne, a répondu aux questions de L’Express. 

Où en est-on dans la relation franco-allemande cinquante ans après la signature du traité de l’Elysée?

Il y a un grand besoin de renouvellement, alors que nous avons beaucoup de mal à passer au-delà de l’histoire. On ne peut faire peser cette relation uniquement sur les épaules des chefs d’Etat. Sortons de cette nostalgie du coupleFrançois Mitterrand-Helmut Kohl. La relation franco-allemande est trop importante pour être vécue à travers lacommémoration. Nous ne pouvons pas nous croiser tous les cinquante ans et ressasser le passé.

Les liens franco-allemands doivent être renforcés et la pratique du « vivre ensemble » est la clé de ce développement. Cette relation doit être rafraichie à travers des choses très simples comme l’apprentissage de la langue allemande en France, alors que l’enseignement a été complètement laissé de côté ces derniers temps, par exemple.

La relation est-elle devenue asymétrique?

Lors de la réunification, la situation était difficile pour l’Allemagne. Maintenant, c’est nous qui nous trouvons dans un contexte plus rude. Et l’idéalisation du modèle économique allemand débouche effectivement sur une relation asymétrique. Nous regardons l’Allemagne comme un modèle et eux nous regardent avec affection. Cette répartition des rôles est nuisible, il faut tout faire pour que cela cesse. Rester dans l’admiration n’est pas la solution, surtout que ce que l’on nous vante en France sur le modèle allemand ne correspond pas forcément à la réalité.

Faut-il rédiger un nouveau traité?

Premièrement, demandons-nous ce que nous apportons aux citoyens. Il faut utiliser ce cinquantenaire comme un tremplin pour se projeter dans l’avenir. Si nous n’y arrivons pas, ce traité deviendra obsolète. Nous avons récemment vu que l’Europe de la défense n’existe pas [à l’occasion de l’intervention française au Mali, ndlr].Angela Merkel ne prend pas le risque de nous soutenir car il y a des élections dans son pays. Il n’y a donc pas de projet commun: les élections nationales priment…

Avant de penser à un autre traité, pour arranger les choses, il faut plus de rencontres centrées sur des thématiques. Et il n’est pas besoin de parler allemand pour se rencontrer. Ce sont toujours les mêmes élus qui portent les relations franco-allemandes. Il nous faut plus de discussions sur des politiques communes. Je suis très contente d’aller à cette cérémonie, mais j’aimerais que nos relations ne se réduisent pas à ça.

Source : L’Express

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