Didier Marie (3e en partant de la gauche), juste avant ses vœux, jeudi 24 janvier 2013, lors de la passation de témoin entre Gérard Heuzé et Florence Martin-Péréon.
Journée d’action des militants cégétistes havrais jeudi 24 janvier 2013, mobilisés en divers endroits stratégiques de la ville pour revendiquer la cause des salariés sur différents points et pour lutter contre la politique d’austérité du gouvernement. Dès 6h30 le matin, ils étaient aux côtés des personnels pénitentiaires puis dans la matinée, ils se sont rendus face à l’usine de fabrication de turbines, Dresser Rand, « afin de distribuer un tract cosigné par les syndicats minoritaires et de coordonner un barrage filtrant, explique Pierre Lebas, secrétaire de l’union locale CGT Le Havre.
« Dans la foulée, nous nous sommes rendus sur le Pont de Normandie, pour une opération péages gratuits. »
Cette journée d’actions s’est conclue dans la soirée par une opération spectaculaire au gymnase de l’université où Didier Marie, président du Conseil Général, s’apprêtait à présenter ses vœux aux Havrais.
Pas de petite fête !
« Cette action a eu deux objectifs, poursuit en substance Pierre Lebas. D’une part, protester face à un représentant régional du gouvernement de l’attendu « changement ». Ensuite, pour nous élever contre la baisse de 50% par le Conseil Général des subventions 2013 attribuées aux éducateurs spécialisés. À titre d’exemple, cette baisse occasionnera la suppression de 18 postes dans une association telle que l’Ahaps (Association Havraise Action Promotion Sociale). »
Face à la pression des syndicalistes, Didier Marie a préféré annuler ses vœux : « Nous déplorons que ce dernier n’ait pas souhaité échanger avec nous. Il a fait preuve sur le coup d’un manque de courage. Il devrait pourtant assumer en tant qu’élu, ses responsabilités », commente Pierre Lebas.
Didier Marie, « choqué »
Contacté par 76actu , le président du Conseil Général, Didier Marie, explique qu’il était nécessaire d’annuler les vœux :
« Je conçois le dialogue social comme une possibilité de porter des revendications, de s’exprimer. Mais il doit y avoir un minimum de considération des personnes. Les manifestants, hier, ont perturbé une tradition républicaine et sont allés au-delà de ce qui était permis. Je suis choqué par l’envahissement d’une salle comme cela s’est fait. Aucun dialogue n’était envisageable. J’ai annulé pour la sécurité des personnels et des invités. »
Didier Marie, représentant de l’État ? « Non. Le préfet est un représentant de l’État. Moi je suis le représentant élu des habitants d’une collectivité. Si les syndicalistes souhaitent me rencontrer, ma porte est toujours ouverte. Mais en aucun cas, je ne cautionnerais ce genre d’actions, purement politiciennes. »
50% de réduction pour les éducateurs spécialisés, c’est vrai ?
« Oui c’est vrai, nous a confié Didier Marie. Mais le budget solidarité est passé de 2008 à 2013 de 550 millions d’euros à 730 millions d’euros. Mais nous devons payer des prestations obligatoires et d’autres facultatives, nous avons donc fait des choix. Choix parfaitement assumés, sachant que, au regard de la situation industrielle et sociale de la Seine-Maritime, nous avons une situation plus fragile que les autres départements. Nous nous enorgueillons de verser 80 euros de plus par personne que les autres départements pour les prestations obligatoires et 10 euros de plus pour les prestations facultatives. On ne peut donc pas parler de désengagement du Conseil Général mais de repositionnement répondant aux urgences de la crise. »