
Afin de casser la solennité inhérente à ce genre de lieux
respectables, le garde du corps de l’ambassadeur du Honduras a organisé des
réjouissances (et le mot est particulièrement bien choisi) au sein (bis
repetita) même de l’ambassade hondurienne à Bogota. Malheureusement pour lui,
le gorille s’est fait gauler (eh oui…)…
Ah, la Colombie, ses prises d’otages, sa guérilla, ses cartels, sa coca, sa
coke, ses miss siliconées et ses mœurs dissolues… N’apprend-on pas que le bon
Carlos Rodriguez Andino, ambassadeur de son état (avec et sans majuscule), a dû
démissionner, contraint et forcé par les autorités du Honduras. La
raison ? Une initiative ludique et récréative qui a eu lieu dans les
bureaux de la représentation hondurienne.
On nous apprend que le bon Carlos avait pour garde du corps un ami intime, à
moins que ce ne fût l’inverse, qui, pour fêter dignement l’arrivée de Noël,
crut bon d’organiser une soirée avec des femmes de petite vertu, des catins
rétribuées, des demi-mondaines, des professionnelles de la profession, bref,
des putes locales.
Les ébats auraient pu se dérouler dans une relative discrétion à l’instar
des frasques d’un ancien directeur du FMI et de son ami Dodo la Saumure avant
que la justice ne se penche dessus, mais non, le tempérament de feu de nos
demoiselles en a décidé autrement. Ce qui aurait pu rester dans les annales
comme une simple péripétie a gonflé jusqu’à prendre la dimension d’une affaire
d’état. Ainsi, nos jeunes femmes ont-elles fait tourner le rendez-vous galant
en « orgie fortement alcoolisée avec des prostituées » nous
informe Le Monde.
Tout a été découvert suite au vol de différents objets dans les bureaux de
l’ambassade comme des ordinateurs ou des téléphones portables. Mais ce qui a
véritablement choqué la diplomatie hondurienne, c’est le petit cadeau laissé en
souvenir par ces charmantes nymphes qui, nous dit toujours Le Monde, auraient
« fait leurs besoins sur les bureaux de l’ambassadeur et de l’attaché
commercial ». Trop classe. Plus fort que les Pussy Riot !
Certes, on comprend mieux que cette affaire ait véritablement tourné en eau
de boudin. Au Honduras, on ne défèque pas impunément sur les bureaux des
représentants de sa diplomatie. Son Excellence Carlos Rodriguez Andino a dû se
plier aux conclusions de son ministère de tutelle qui a dit en substance :
« Afin de préserver nos intérêts nationaux et nos bonnes relations
avec la république de Colombie, nous avons prié notre ambassadeur de présenter
sa démission de manière irrévocable et il a effectivement démissionné
immédiatement ».
Le côté merdique de cette affaire viendrait en fait du comportement de ces
messieurs du Honduras, qui, certainement influencés par leur statut de
diplomates, auraient refusé de payer les prestations tarifées de nos putas
locas y locales*. On imagine que l’assurance de ces messieurs et la
réaction épidermique de ces demoiselles, outre la forte présence d’alcools,
aient pu être le résultat de dégustations d’autres produits locaux vendus en
poudre avec une paille. Si la réponse de ces dames a pu sembler quelque peu
inappropriée, et pas vraiment diplomatique, on comprend que la décision de ne
pas verser le liquide promis ait pu froisser ces certainement charmantes
professionnelles dont l’attachement au tarif des prestations n’a d’égale que
leur classe naturelle.
Bref, si les messieurs de l’ambassade voulaient des émotions fortes pour
fêter dignement l’arrivée de Noël, ceux-ci en ont eu pour leur argent, celui
qu’ils n’ont pas daigné éjac…, pardon, verser. On remarquera à cette occasion
que la réussite des soirées de Monsieur l’Ambassadeur ne tient pas seulement à
des rochers au chocolat mais au choix des invités et invitées. Enfin, grâce à
ces demoiselles, on sait maintenant que le Hondurien est radin et qu’en matière
de diplomatie, on est souvent dans la merde. Merci le Monde pour cette
somptueux éclairage sur l’humanité et ses scories.
Le mot de la fin à Sir Philip Stanhope, comte de Chesterfield, qui aurait pu
faire un excellent ou du moins convenable ambassadeur du Honduras selon les
critères du ministère des affaires étrangères d’un pays dont chacun sait que la
capitale est Tegucigalpa, mais je m’égare, et qui déclara il y a plus de
trois-cents ans : « Sexe : le plaisir est de courte durée, la
position ridicule et la dépense absurde. »
Trois cents ans plus tard, le plaisir est absurde, la position de courte
durée et la dépense ridicule…
(*) : j’assume voire revendique toute faute !