Au Havre, Capitaine Norbert à bord du Nautilus !

« Faut faire travailler les mains mais d’abord là-haut », explique Norbert. Il vient de désigner sa boîte crânienne.

« Faut faire travailler les mains mais d’abord là-haut », explique Norbert. Il vient de désigner sa boîte crânienne.


Dans un atelier-garage, à deux pas de la rue d’Étretat, Laurence, Éric et Norbert travaillent chacun à la confection d’un bateau en modèle réduit. Ils pratiquent de longue date et beaucoup de bateaux sont déjà exposés. Quand la porte est ouverte, des voisins, des amis, viennent leur rendre visite. « Le pinardier de la Saga que je vois là-bas, j’ai navigué trente-trois ans dessus », déclarait récemment un ancien navigateur. « J’ai toujours été très Jules Verne », explique Norbert Boulanger. Garçon de cuisine sur le France, il a participé à l’avant-dernier voyage, la croisière autour du monde en 88 jours.

Un Nautilus plus vrai que nature

Depuis plus de deux ans, il travaille à mi-temps à la construction d’un Nautilus dont l’appareillage est attendu sur le lac de Montgeon l’été prochain. Norbert visionne assidûment 20 000 lieues sous les mers, le film de 1954 des studios Disney avec Kirk Douglas et James Mason.

« Je m’en suis servi pour définir la forme et la disposition des plaques (la plupart de 6×3 cm). »

Ça fait quelques arrêts sur images. Pour commencer, il avait été difficile de trouver des plans. Éric va de temps en temps aux États-Unis. Un de ses contacts en Floride a bien voulu lui adresser les précieux documents. Le submersible est composé d’une double coque. La première est en bois, du contreplaqué d’aviation de 0,8 mm découpé à la scie à chantourner, limé au papier de verre et rendu étanche par application d’une résine plastique.

« Le jour de la mise à l’eau, champagne ! »

La coque définitive est en cuivre rouge. « 2 m2 de bois, en 0,8 mm, achetés à Villedieu-les-Poêles ». L’hélice a été créée et équilibrée au banc d’essai. Les câbles du gouvernail sont en acier plastifié. Comme son mythique modèle, le bâtiment est meublé. L’orgue du capitaine Nemo a demandé une semaine de travail. Le père de Norbert travaillait dans la réparation navale, chez Caillard ; il était lui-même modéliste. Norbert a beaucoup appris à ses côtés. En ce moment, il conclut le rivetage et le soudage (à l’étain) des plaques de cuivre. « Le jour de la mise à l’eau, champagne ! »

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