(fil-fax 13/02/13)
Ce sont près de dix ans de travaux qui occuperont 2500 personnes en moyenne pour un montant total de près de 5 milliards d’euros qui s’annoncent avec les « grand carénages » ou visite décennale des six réacteurs des centrales de Paluel (4) et Penly (2).
S’ils ne viennent pas en substitution d’un EPR qu’espérait EDF, ces chantiers devraient en tout cas être le “plus économique“ que la grande majorité des acteurs économiques et politiques de la région – à l’exception des écologistes – assurent en attendre. « Nos centrales approchent les 30 ans alors qu’elles étaient prévues pour 40 ans de durée de vie. Or, nous pouvons passer à 60 ans comme aux USA, à condition de faire de gros investissements », explique Alban Verbecke, directeur du CPN de Penly. Le programme démarrera en 2015 à Paluel et se terminera à Penly vers 2024. Pour chaque réacteur, le grand carénage concernera le générateur de vapeur, l’alternateur, le condensateur… « Les cuves également prévues pour 40 ans, peuvent aller au-delà », assure-t-on à EDF. Pour chaque réacteur, il y aura environ trois ans de travaux. La prolongation d’une centrale ne concerne pas seulement son cœur nucléaire. Le projet porte également sur les bâtiments, la logistique, les locaux de vie. C’est dans cette perspective que sera créé un Fonds de modernisation des entreprises du nucléaire (FMEN) doté de 153 M€ et dédié au PME du secteur. Le fonds aura pour vocation de prendre des participations dans ces entreprises.
A la centrale EDF de Penly, secouée entre les atermoiements sur le devenir de l’EPR et les critiques après l’incident du 5 avril 2012 sur une pompe primaire, la perspective est plutôt rassurante. En anticipation des départs en retraite et prévision des grands carénages successifs, les effectifs d’agents EDF augmentent : de 630 en 2008, ils sont passés à 702 aujourd’hui dont l’embauche de 30 ingénieurs en analyse prédictive, cartographie, maintenance. Et plus largement pour le bassin “nucléaire“ de Paluel et Penly qui entoure Dieppe, ce sont quelque 250 embauches par an qui sont attendues : ingénieurs, bac+2 et bac pro pour un tiers chacun.