Réforme des rythmes scolaires : la fausse priorité

Le sujet a été abordé au conseil municipal
du Havre le lundi 4 février. Les élus ont voté pour le
report à la rentrée 2014
de la réforme des rythmes scolaires.
L’opposition, dont le parti socialiste, s’est abstenue. Curieuse façon
de soutenir le projet éducatif phare du gouvernement !

Le principe général de cette réforme est
de revenir à une semaine scolaire s’étendant sur 4,5 jours (et
non 4 jours) comme c’était le cas il y a 4 ans.
Ainsi il est prévu
que les cours se terminent à 15 h 45, les enfants restant à l’école
jusqu’à 16 h 30 où ils se livreront à des "activités
extra-scolaires facultatives à la charge et à l’initiative des
collectivités locales
". En échange de cette journée
scolaire écourtée, les enfants auront classe le mercredi ou le
samedi matin. Le coût de l’opération s’élève à
150€/an par enfant, soit de 2 à 2,5 millions d’€ pour la ville du Havre.
Cette
réforme pose des difficultés d’organisation et des difficultés
financières car l’Etat n’envisage pas de financer ces activités
extra-scolaires au-delà de l’année scolaire 2013-2014.

Une erreur de priorité

Bien que les écoliers français aient un nombre de
jours d’école trop faible ( 144 jours contre 187 en moyenne parmi les
pays de l’OCDE), je suis opposé à cette réforme pour une
raison simple : elle n’aura aucun effet sur l’échec scolaire. Or la lutte
contre le décrochage scolaire (60 000 enfants illétrés
sortent du système scolaire chaque année et 160 000 sans formation)
reste l’urgence, la priorité des priorités.
En outre, ce sont notamment les moyens déployés pour le soutien
scolaire décidé par le gouvernement précédent qui
seront mobilisés pour conduire cette réforme.
Ainsi l’ancienne
"aide personnalisée" instaurée par Xavier Darcos, destinée
aux enfants en difficultés légères, passera de 60 heures
annuelles à 36 heures (source).
Enfin, je m’associe au mécontentement des enseignants à qui l’on
demande une réforme strictement opposée à la réforme
précédente et revenant à la situation en vigueur en 2008
qui n’était pourtant pas satisfaisante.
L’Etat, sur des sujets aussi
essentiels que la lutte contre l’échec scolaire devrait s’astreindre
à une continuité
qui dépasse l’alternance politique.

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