(fil-fax 15/02/13)
Décentraliser la culture et démocratiser l’art contemporain, tel est le principe du Centre Pompidou mobile. Après Chaumont, Cambrai, Boulogne-sur-Mer et Libourne et avant Nantes, le petit musée itinérant s’installe à partir du 23 février, sur les hauteurs au Havre, dans le quartier de Caucriauville. Durant trois mois, le public pourra voir (gratuitement) seize œuvres issues des collections du musée parisien, du XXe siècle à nos jours, signées Albers, Buren, Duchamp, Kandinski, Kupka, Léger, Morellet, Vasarely…
« Un Français sur deux n’a jamais été au musée. » A partir de ce constat établi à son arrivée à la tête du Centre Pompidou, en 2007, Alain Seban a décidé d’aller à la rencontre du plus grand nombre et d’ouvrir la création « au public peu familier des institutions culturelles ». Résultat, « dans l’esprit du cirque ambulant ou de la fête foraine », des œuvres (originales) de l’art moderne et contemporain sont exposées dans une structure mobile, modulable, démontable et transportable. « Au cœur de l’idée de ce projet, explique l’architecte Patrick Bouchain, il y a la notion de mobilité au sens large : des comportements, de la pensée de l’action. »
Le musée nomade a posé son chapiteau de 650 m2 sur la promenade de Caucriauville, choisi pour, selon la Ville, une implantation « au coeur d’un quartier peu doté d’équipements culturels » et pour son accessibilité, à quelques mètres du tramway. Le Pasino du Havre (Partouche) apporte une obole de 200.000 € à l’opération dont le coût s’élève à 400.000 €, l’autre moitié prise en charge par les mécènes nationaux (Fondation Total, GDF Suez, Groupe Lafayette, Groupe Protegys). A la charge de la Ville, le coût de fonctionnement (gardiennage, aménagement du site, médiation…), soit 250.000 €. L’exposition est dédiée aux « Cercle et Carrés » : les figures géométriques sont à la base de l’art abstrait né dans les années Trente, en rupture avec la tradition de la représentation illusionniste de la nature et de la description visuelle des objets. On pourra aussi voir la sculpture Spères-trames, 1969, de François Morellet, prêtée par le musée d’art moderne André Malraux. Le MuMa accroche aussi dans son hall une œuvre récente de Morellet, Lamentable et différentes manifestations -visites-ateliers, projections et conférences- vont faire écho à l’événement dans différents lieux de la ville. Le Havre battra-t-il le record de Libourne ? La ville girondine a accueilli 49 000 visiteurs, le meilleur score du musée nomade.
• Centre Pompidou mobile : du 23 février au 22 mai. Promenade de Caucriauville Le Havre. Entrée libre et gratuite. www.centrepompidou.fr
