Obsèques : les temps changent

Si l'inhumation a longtemps été la règle pour les défunts, de plus en plus de personnes font désormais le choix de la crémation. Une évolution qui conduit la Ville à agrandir son columbarium situé au cimetière du Madrillet. "C'est sans aucun doute un nouveau rapport à la mort qui s'installe, notre pays se rapprochant ainsi des pays d'Europe du nord où la crémation est largement majoritaire, à plus de 70 %", estime la Fédération française de crémation dans un communiqué de presse. Au niveau national, les obsèques par crémation ont touché 32 % des décès en 2011.
Un phénomène qui s'observe également à Saint-Étienne-du-Rouvray. "Nous avons mis en place notre premier columbarium en 1998, se remémore Martial Lefrançois, responsable municipal des cimetières. Au début, cela ne concernait qu'une ou deux personnes par an, contre environ 25 en 2012. Depuis dix ans, de plus en plus de personnes font ce choix. Beaucoup ne veulent plus être une charge et ne souhaitent pas contraindre les membres de la famille à entretenir une pierre tombale."
Pour répondre aux demandes, la Ville a décidé d'agrandir son columbarium du cimetière du Madrillet. Deux extensions de quinze et douze places vont donc voir le jour, permettant d'accueillir 54 urnes cinéraires.
Mais le columbarium n'est pas la seule destination possible pour les cendres d'un défunt. Depuis peu, les cavurnes ont également fait leur apparition, au cimetière du Madrillet, mais également dans celui du centre-ville. À la différence du columbarium – monument disposant d'un nombre plus ou moins grand d'alvéoles – le cavurne se rapproche plus du caveau traditionnel, mais de moindre taille pouvant accueillir dans un socle en béton enterré jusqu'à quatre urnes cinéraires de membres d'une même famille.
Enfin, un certain nombre opte pour la dispersion des cendres dans le jardin du souvenir, un espace enherbé spécialement dédié à cet usage. Ce fut le cas pour 38 personnes en 2012. Depuis peu, les noms des défunts sont gravés sur un lutrin. "C'est important pour les proches, même lorsqu'ils ont fait le choix de la dispersion, d'avoir une trace de l'être cher lorsqu'ils souhaitent se recueillir", note Martial Lefrançois.
Reste ceux – essentiellement dans le cas de conjoints qui n'avaient pas choisi tous les deux la crémation – dont l'urne rejoint le caveau familial ou est scellée sur une pierre tombale.
Si la crémation progresse, les infrastructures locales ont du mal à répondre à la demande. Dans l'agglomération, un seul crématorium, avec deux fours, est en service à Rouen. Le délai d'attente peut atteindre jusqu'à dix jours, soit plus que les six jours légaux pour effectuer une inhumation ou une crémation. Un projet de crématorium est en discussion sur la rive gauche. Il ne devrait pas entrer en fonction avant 2015-2016.

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