Le bureau de poste de Graville, au Havre, a été victime d'un braquage vendredi 5 avril, à 8h30, entraînant la fermeture des 24 bureaux de la ville (photo : Karine Lebrun).
Un nouveau vol à main armée s’est produit dans un bureau de Poste du Havre, vendredi 5 avril 2013, aux alentours de 8h30. Le douzième depuis février 2012 ! Cette fois, c’est le bureau de Poste de Graville, situé 151 rue de Verdun, qui a été la cible de deux braqueurs, dès son ouverture.
Quatre agents de La Poste, ainsi que deux clients, étaient présents au moment de l’attaque. Les agents ont été pris en charge par le dispositif « poste agression » et seront accompagnés par la médecine du travail et des assistants sociaux. Une salariée « menacée de mort » a été transportée à l’hôpital, en état de choc, relate un syndicaliste.
Tous les agents du Havre ont fait valoir leur droit de retrait, vendredi
Le sentiment qui domine dans le quartier ? La consternation. D’autant plus que ce n’est pas la première fois que cet établissement est visé. Le 6 juillet 2012, La Poste du quartier Graville avait déjà été victime d’un braquage spectaculaire dont le préjudice avait été estimé à 130 000 euros. Les auteurs de ce vol à main armée avaient finalement été retrouvés et interpellés le 12 février 2013.
Lorsque la nouvelle de ce nouveau fait s’est propagée, vendredi 5 avril, les agents des 24 bureaux du Havre, ainsi que ceux de Montivilliers, ont fait jouer leur droit de retrait. Les bureaux sont restés fermés toute la journée, vendredi.
Les agents de La Poste travaillent la peur au ventre
Les 30 et 31 octobre 2012, les agents des 24 bureaux de Poste de la ville du Havre avaient déjà fait valoir leur droit de retrait, face à des braquages à répétition. Selon le syndicat Sud-PTT, la moitié des agents de La Poste du Havre aurait été braquée au moins une fois !
Pour plus de sécurité, le syndicat Sud-PTT avait à l’époque demandé à ce que des vigiles soient présents dans chaque bureau du Havre et de son agglomération. Une mesure appliquée dans les établissements du centre-ville à la fin de l’année 2012, et début 2013.
« Mais, en ce début de mois d’avril 2013, période toujours sensible pour les bureaux de Poste (Ndlr : les allocations chômage sont payées à chaque début de mois), les vigiles ont disparu », tempête Éric Morizot, de Sud-PTT
Des procédures aux prud’hommes et devant le tribunal administratif
« La direction nous avait promis des mesures de sécurité qui n’ont plus été mises en application depuis mars ! C’est une faute grave, car nous avions alerté la direction », dénonce-t-il. Le CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) s’est réuni en urgence, vendredi 5 avril, en soirée, et les agents ont finalement repris le travail, samedi 6 avril. « Les vigiles sont de nouveau en place dans tous les bureaux », se félicite le syndicaliste.
Néanmoins, la lutte avec la direction se poursuit. À la veille des fêtes de Noël, le syndicat avait déposé 24 dossiers aux prud’hommes du Havre, et devant le tribunal administratif, afin de « souligner l’obligation qu’a La Poste d’assurer la protection de ses employés et la violation de son obligation de sécurité malgré les braquages à répétition…»
L’enquête, sur cet énième braquage, vendredi 5 avril, elle, a été confiée à la police judiciaire (SRPJ) de Rouen.