Le pognon, toujours le pognon…

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Alors que Primonde revient pour la première émission depuis un
mois, les infos qui sont tombées entre-temps tournent autour du blé, des
numéraires, de l’oseille, du fric et du flouze, des pépètes et des patates, des
sous et des soussous, bref, de l’argent, que l’on a ou que l’on a
pas…

L’ancien chirurgien esthétique et ministre de la République Jérôme Cahuzac
avait bien ouvert le bal. Grâce à lui, on a pu tout savoir sur la Suisse, ses
banques et son secret bancaire et les risques encourus par les citoyens de
notre pays qui planquent leur argent dans les coffres helvètes sans en informer
l’administration fiscale française.

Le deuxième effet Cahuzac a été surtout l’affaire de la classe politique.
Ainsi, après le déballage forcé du Jérôme déchu, le gouvernement s’est-il livré
au déballage du patrimoine des ministres auxquels se sont joints quelques
politiques n’ayant rien à cacher, soi-disant.

A peine se remettait-on des révélations grandes – la fraude cahuzienne- ou
petites – le camping car de Jean-Marc Ayrault- que Claude Guéant allait se
rappeler à notre bon souvenir, ou même à notre mauvais souvenir par Justice et
médias interposés. Celui qui doit forcément se retrouver quelque part sur le
« mur des cons » du Syndicat de la Magistrature, ou alors ya pu de
justice, me souffle-t-on dans mon oreillette, bref, Monsieur Claude se retrouve
empêtré dans une vente abracadabrantesque de tableaux de petit maître flamand à
un avocat malaisien aussi sûrement que dans ses explications vaseuses battues
en brèche y compris jusque dans son propre camp politique.

Là encore, ce qui a fasciné les médias qui façonnent l’opinion publique,
appelée également opinion sur rue, mais ça va finir par se sentir que je fais
du remplissage, ce sont le sommes d’argent en numéraire, de la fraîche bien
fraîche que l’on suppute même contenue dans un attaché case signé LVMH plutôt
qu’un sac plastique Félix Potin ou même Tati.

D’ailleurs, les médias fascinés qui s’ils façonnent facilement cèdent
souvent à la facilité, ont été beaucoup plus outrés par l’initiative du CRAN
qui a assigné la Caisse des Dépôts et des Consignations en justice pour
enrichissement lors de la traite négrière. On a pu voir des boucliers se lever
pour clamer haut et fort qu’il n’était aucunement question de cette
« impossible réparation » en appelant à l’aide le regretté
Aimé Césaire.

Car que les médias ne s’y trompent pas. Si le CRAN a toujours fonctionné de
façon ésotérique et autonome quel qu’en ait été son président, et si ses
initiatives font parfois un petit bruit suivi d’un floc et d’un flop pas si
retentissants que çà, les médias et politiques ont surjoué leur réaction.
Comment ? Il faudrait donner du pognon aux descendants d’esclaves ?
On entendait même presque certains « penseurs » réfléchir tout haut
et affirmer qui’ls avaient déjà le RSA et les allocs et puis que, bon, la
colonisation n’a pas été que négative, et patati et patata.

Bref, on remarquera une fois de plus, qu’en France, le rapport à l’argent
est une sorte de mélange entre l’ostentatoire et le secret, et qu’il vaut mieux
être ancien ministre que descendant d’esclave pour éviter les commentaires
condescendants (adjectif qui peut aussi s’écrire en deux mots) de l’élite
auto-proclamée.

Le mot de la fin à l’historien anglais Eric Hobsbawn, ressortissant d’un
pays qui a pratiqué avec autant d’assiduité l’esclavage que le capitalisme, mot
de la fin sous forme de question : « Peut-on justifier un
capitalisme qui s’est développé sur la base de l’esclavage de masse
?
 »

Alors, Jérôme et Claude, qu’est-ce que vous en pensez ?

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