(fil-fax 17/05/13)
Un consensus se dessine autour du projet de LNPN (Ligne Nouvelle Paris Normandie) tel qu’il vient d’être « optimisé » par RFF, ont indiqué vendredi les présidents de la Région Haute-Normandie, Alain Le Vern (PS) de la CREA, Frédéric Sanchez (PS), ainsi que de l’association pour la promotion de cette liaison Gérard Lissot. Devant la presse, peu après son collègue de Basse-Normandie Laurent Beauvais (PS), Alain Le Vern a clamé que le résultat dépassait ses « espérances » en assurant avoir obtenu que le principe du « phasage » de la LNPN soit acté par toutes les collectivités. L’unanimité s’est faite autour des conclusions de l’étude commandée à RFF par le ministère des transports pour éclairer la commission Mobilité 21 chargée de « hiérarchiser les projets ferroviaires français ». Cette commission doit transmettre en juin ses conclusions au gouvernement qui devrait faire son choix dans le courant de l’été. On sait maintenant que si le projet est acté dans sa globalité avec une cible de réalisation fixée autour de 2030, une première phase intermédiaire consistera à réaliser le doublement du Mantois, une ligne nouvelle entre Mantes et Evreux et une autre entre Rouen et Yvetot avec une nouvelle gare à Saint-Sever.
Cette phase intermédiaire est estimée à 5,63 milliards d’euros (Md€), le projet global étant évalué à 11 Md€. Elle se réalisera en même temps qu’une modernisation de la desserte fret du port du Havre qui est « indissociable » de la LNPN, selon Gérard Lissot. « Pour le développement portuaire, la seule réponse possible est une ligne nouvelle pour les voyageurs qui permettra de libérer des sillons pour les trains de fret », assure-t-il en insistant sur l’inscription du projet dans le cadre de l’Axe Seine Normandie. Les premiers actes de l’aménagement pour le fret sont en cours : la modernisation de la ligne Serqueux – Gisors et la construction du terminal multimodal au Havre.
Les collectivités territoriales qui semblent ne plus douter que le projet soit retenu devraient maintenant signifier leur engagement en abondant chaque année une provision. La région Haute-Normandie a déjà réservé 100 M€ (20 M€ par an) tandis que la CODAH et la CREA devraient prochainement arrêter les modalités de leur participation.
• Le document complet de RFF est sur www.filfax.com/sitev2/images/lnpnlight.pdf
“Défi des temps présents“ et “scènes de ménage“
« Dans une période de récession, le défi des temps présents c’est de ne renoncer à rien », assène Frédéric Sanchez qui, semble-t-il, n’a pas oublié l’époque où il enseignait la philosophie. Pour le président de la CREA, les investissements de la LNPN et du contournement-Est de Rouen (1 Md€) doivent et peuvent en effet s’additionner. Alain Le Vern insiste sur la cohérence du projet à l’échelle de la région. La ligne nouvelle dans le Mantois concernera tout le monde, comme la suppression du noeud ferroviaire rouennais, sera bénéfique au Havre, à Fécamp, à Dieppe. Il en appelle à « arrêter de faire des scènes de ménage » parce qu’on aiderait le bassin de vie de Rouen et ses 600.000 habitants.