Fidèles au rendez-vous, les habitants qui participent à l’atelier urbain citoyen imaginant le futur quartier Marc-Seguin se sont à nouveau réunis pour aborder, cette fois-ci, les questions de financement, de développement durable et de calendrier. Une séance très sérieuse. Désormais bien informés, les membres de l’atelier urbain ont dû mobiliser, mercredi 5 juin, les connaissances qu’ils ont acquises depuis plus d’un an pour aborder les questions délicates de financement. Ils ont en effet réalisé, lors de cette séance, à quel point les types de bâtiment choisis, la densité, la qualité des voiries et des espaces publics, qu’ils avaient discutés précédemment, pèsent sur la "note" finale. Quand on sort les calculettes, on mesure que rien ne doit être laissé au hasard et que tout est lié.
Les premières estimations financières réalisées par la Ville et le cabinet SCET qui l’accompagne ont d’ailleurs tout de suite démontré que le projet ne serait pas viable avec l’hypothèse initiale de 247 logements. Pour des raisons économiques, il faudra donc passer à l’échelle supérieure et prévoir 275 logements. "On est obligé de valoriser le foncier pour une meilleure balance de l’opération, a expliqué Hubert Wulfranc, le maire. C’est comme si vous construisez sur votre parcelle : vous dégagerez plus de recettes avec 5 logements au lieu de 3 !" Un argument bien compréhensible de tous. D’autres aspects aussi sont apparus clairement aux habitants: entre les terrains qu’elle doit racheter et ceux qu’elle revendra à des promoteurs privés ou à des bailleurs sociaux, la Ville devra anticiper le coût des espaces publics. "Il en va de la qualité du projet", a souligné le maire. Un argument valable pour les futurs habitants, comme pour les riverains actuels. "La création de ce quartier, avec son réseau de transport et ses espaces publics, en lieu et place d’une friche industrielle, a plutôt vocation à valoriser le périmètre", a insisté Emmanuelle Cerdelli, urbaniste à la SCET, en réponse à une habitante inquiète. "C’est justement pour veiller à ce que le quartier soit bien pensé que je suis là, a lancé de son côté un habitant. Je veux m’assurer que ça va valoriser mon pavillon."
La qualité environnementale du projet, qui contribuera à cette image de marque, conditionne, par ailleurs, le financement. "Certaines subventions sont suspendues à ce que les maîtres d’ouvrage intègrent dans les projets urbains un certain nombre de cibles de développement durable, a ainsi indiqué Hubert Wulfranc. Nous avons, nous, la volonté de viser des objectifs de qualité en la matière." La démarche de concertation fait partie de ces cibles, de même que la gestion de l’eau, du bruit, la présence d’espaces verts, l’organisation des circulations douces ou encore l’anticipation de la gestion des déchets. Autant de dépenses qui amènent des recettes, tant elles contribuent à la qualité du quartier.
À ce stade du projet, l’atelier urbain citoyen va faire une longue pause estivale. Ce qui ne signifie pas que les services municipaux interrompent leur travail, bien au contraire: finalisation des arbitrages financiers, montage opérationnel, études de voiries et de réseaux divers, acquisition de terrain, élaboration des dossiers de concours… les étapes sont encore nombreuses avant les premiers coups de pelleteuse !
"Il va falloir commencer à rédiger le cahier des charges, a expliqué Déborah Lefrançois, architecte du département municipal de l’urbanisme et du paysage. Il s’agit de fixer les règles du jeu sur les types de logement, le nombre de places de stationnement ou encore les matériaux…" Autant de précisions importantes pour que les propositions des architectes qui concourront, lot par lot, correspondent aux attentes de la Ville. Une fois les grandes lignes du projet Marc-Seguin présentées aux élus en bureau municipal, en fin d’année, les propositions architecturales reçues seront alors présentées aux membres de l’atelier. "Votre avis fera partie de nos critères d’évaluation", a insisté Déborah Lefrançois.
Suivant le calendrier présenté le 5 juin, les travaux de la première tranche du quartier (soit 162 logements) devraient démarrer courant 2015 pour une livraison à l’horizon du 2e semestre 2016. Quant à la deuxième tranche (113 logements), elle devrait être terminée fin 2018.
D’ici là, à plus brève échéance, les terrains aujourd’hui abandonnés du futur quartier Marc-Seguin tourneront définitivement la page de leur histoire industrielle puisque les derniers vestiges de cette époque vont être détruits dans les semaines qui viennent.