Une start-up euroise élabore un avion moyen-courrier démontable

(fil-fax 20/06/13)

Tout ce qui vole ou qui volera un jour à rendez-vous au salon du Bourget. La start-up Technoplane SAS basée sur la ZAC du Long Buisson à Evreux s’inscrit dans la seconde catégorie. Créée en janvier, elle intrigue et fascine et faisait le buzz mercredi sur le stand de Normandie AeroEspace (NAE). Une cinquantaine d’étudiants de grandes écoles d’ingénieurs y développent sur le mode collaboratif un projet de transport aérien innovant baptisé “Bee-Plane“.

Cet avion de demain peut être comparé aux Airbus A320 et Boeing 737. Il tire son nom de sa ressemblance avec une abeille transportant une pelote de pollen. Ce moyen-courrier de rêve présente sur plan une structure à fuselage ou “basket“ détachable. Le “basket“ peut à loisir transporter 200 à 220 passagers, du fret ou un hôpital. « On s’est inspiré du Fairchild XC 120 qui a volé une ou deux fois en 1950 », admet le sourire aux lèvres le jeune directeur du projet Xavier Dutertre (*). Une vieille boîte de maquette de cet avion mythique est du reste érigée en emblème sur le stand. Le département énergétique et propulsion de l’INSA de Rouen a « remis le projet au goût du jour et planché sur la puissance des moteurs ». Grâce à cette structure détachable « les coûts à l’heure de vol seront réduits de 30% ». La consommation de carburant et les émissions de carbone seront quant à elles divisées par deux « grâce à l’utilisation de turbopropulseurs au lieu de turbo-réacteurs », explique avec conviction aux curieux, cet ancien ingénieur du groupe Safran âgé de 35 ans. Au sol, la solution Bee-Plane diminuerait fortement les temps de parking qui passeraient de 45 minutes à 15 minutes. Elle apporterait selon ses concepteurs une réponse (toute théorique à ce jour) à la saturation des aéroports et aux coûts d’exploitation de plus en plus contraints des compagnies aériennes. « La taille des aérogares pourrait être réduite par cinq et le gain sur le coût des billets serait d’environ 50% ». Le rêve de tout globe-trotter.

Dans l’attente, le projet, hébergé par l’agence de l’innovation régionale Seinari, a passé avec succès le niveau 1 de maturité technologique ou Technology Readiness Level (TRL). La configuration étudiée est composée d’ailes en tandem associées à des turbopropulseurs TP400. Le niveau 2 (le niv 9 étant celui de l’exploitation ndlr) nécessite un investissement de l’ordre de 900.000 €. « Il devrait être franchi d’ici 2 à 3 ans », veut croire le diplômé de l’Ecole Centrale Paris en génie industriel. Le tour de table est ouvert.

Salon du Bourget : Technoplane SAS, stand NAE, Hall 2, D52

(*) http://www.youtube.com/watch?v=lmDUreOT5lE

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