L’extinction des vitrines obligatoire

 

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Par La rédaction de RTL.fr , Avec AFP | Publié le 01/07/2013

L’extinction des vitrines, bureaux et façades devient obligatoire. La mesure qui entre en vigueur ce lundi 1er juillet devrait permettre d’économiser 200 millions d’euros.

Redonner leur place aux étoiles et… alléger un peu la facture d’électricité. C’est déjà très souvent le cas, mais c’est désormais une obligation légale: l’éclairage des façades des bâtiments non résidentiels, comme les monuments, mairies, écoles, gares, entreprises ou encore entrepôts, devra être coupé au plus tard à 01H00 du matin, en vertu de l’arrêté qui entre en vigueur ce lundi 1er juillet.

Idem pour les vitrines de magasins qui devront être éteintes entre 01H00 et 07H00 du matin, ou « une heure après la fermeture lorsque l’activité se poursuit après 01H00″, indique le ministère de l’Écologie.

Enfin, les éclairages intérieurs des locaux à usage professionnel, au premier rang desquels les bureaux, devront aussi être éteints au maximum une heure après la fin de l’occupation des lieux.

750 euros d’amende pour les contrevenants

Ces mesures, qui ne concernent pas les bâtiments résidentiels, l’éclairage public ni les éclairages destinés à assurer la sécurité des bâtiments, se veulent d’abord pédagogiques, dit-on au ministère. Mais les contrevenants risquent jusqu’à 750 euros d’amende, les contrôles revenant aux maires et aux préfets.

Cette extinction des feux obligatoire concrétise des promesses nées du Grenelle de l’environnement et devrait permettre d’alléger – un peu – la facture d’électricité: les économies espérées sont de l’ordre de 2 térawattheures (TWh) par an, soit 200 millions d’euros, selon le ministère. Mais elle doit aussi permettre de réduire la pollution lumineuse en ville, peu appréciée des animaux (migration et alimentation des oiseaux par exemple) comme des humains.

 

Pourquoi une telle mesure?

Selon le ministère, cette chasse au gaspi permettra d’économiser l’équivalent de la consommation annuelle d’électricité de 750 000 ménages, d’éviter l’émission de 250 000 tonnes de CO2 . « Cet arrêté devrait mettre fin à une absurdité économique et écologique dont les conséquences sont payées par toute la société, s’est félicité dans un communiqué Bruno Genty, le président de France Nature Environnement (FNE). Le gaspillage énergétique, cette ébriété qui nous a égarés, est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre. »

Les industriels de l’éclairage – qui souhaitent promouvoir leurs systèmes d’automatismes ou de détecteurs de présence – ont rappelé quant à eux que l’essentiel du gaspillage avait lieu le jour, quand les lampes restent allumées quel que soit l’apport de lumière naturelle. « Il est utile, dans un contexte budgétaire tendu pour tous, de commencer par des mesures sans coût et dont les résultats sont immédiatement lisibles », considère pour sa part FNE.

Autre avantage de la mesure: selon un sondage réalisé à la demande du ministère par TNS Sofres, 16 % des Français se disent personnellement exposés à des nuisances lumineuses la nuit, qui peuvent gêner leur sommeil. Enfin, ces lumières nocturnes peuvent perturber les migrations ou les cycles de reproduction de certaines espèces.

Dérogations pour les fêtes et certaines communes

« Cela va plutôt dans le bon sens », salue Anne-Marie Ducroux, présidente de l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANCPEN). « Mais on reste vigilants sur les dérogations, la ministre de l’Écologie nous a promis une évaluation début 2014 pour voir comment cette obligation est effectivement mise en place et comment elle est contrôlée », ajoute-t-elle.

Le texte prévoit en effet la possibilité de dérogations préfectorales pour la veille des jours fériés, pour les illuminations de Noël, lors d’événements locaux mais surtout « dans les zones touristiques d’affluence exceptionnelle ou d’animation culturelle permanente ».

Quarante-et-une communes sont concernées par ces exceptions, dont « la ville Lumière » (Champs-Elysées, Butte Montmartre, rue de Rivoli, Place des Vosges…), mais aussi le centre touristique de Marseille ou de Nice et le Vieux Lyon, avait indiqué le ministère lors de la publication de l’arrêté en janvier.

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