(fil-fax 03/07/13)
Plusieurs pistes de reprise partielle mais complémentaire du site de la raffinerie de Petit-Couronne sont apparues ces derniers jours a assuré lundi le préfet de région Haute-Normandie à l’issue de quatrième réunion du comité de pilotage Petroplus mis en place après l’arrêt définitif de l’entreprise en avril dernier. Ces “pistes“ sont ténues et n’en sont pour l’instant qu’au stade de la « manifestation d’intérêt ». Mais du côté des pouvoirs publics, que ce soit les services de l’Etat ou les collectivités, on semble déterminé à battre le fer tant qu’il est chaud. « Tout est fait pour que ce ne soit pas Reichtett », résume le préfet en référence à la raffinerie alsacienne, ex-Petroplus également, qui a fermé en avril 2011 – soit six mois avant la première alerte sérieuse à Petit-couronne – et n’a toujours pas de projet de reconversion, hormis une reprise des bacs par la société de stockage Rubis Terminal, bien connue à Rouen.
A Petit-Couronne où la mise en sécurité du site est en phase d’achèvement sous la responsabilité du liquidateur judiciaire et la surveillance de la DREAL, des contacts ont été noués avec de grands groupes. A commencer par l’entreprise voisine, le papetier Chapelle Darblay UPM Kymmene qui n’a pas donné suite, « pour l’instant ». Figurent aussi parmi les touches, le groupe GDF Suez, Air Liquide, Lubrizol… On évoque aussi un projet de méthanisation de déchets en provenance de l’Île-de-France. En s’inspirant de ce qui a été fait à Lacq (Landes) avec l’arrêt de l’exploitation gazière ou à Creil (Oise) après la fermeture (en 2009) des usines Chausson, l’idée serait de créer une structure qui maintiendra la cohérence industrielle du site de Petit-Couronne, pour le rendre plus compétitif tout en sachant que les contraintes environnementales (pollution des sols notamment) privilégient l’installation d’activités proches ou en lien avec du raffinage. Lacq veut développer un “cluster“ de la chimie.
Pour piloter ce travail, les pouvoirs publics s’appuieront sur une étude d’aménagement et de repositionnement économique lancée par la CREA et confiée à deux cabinets, SOFRED pour la reconversion, et Erdyn pour les études techniques.
Ils pourront également en référer au Comité stratégique de filières pour les énergies non électriques, essentiellement gaz et pétrole, dont la création a été annoncée par le président de la République dans un courrier adressé récemment au député socialiste Guillaume Bachelay.
En évoquant les premières « manifestations d’intérêt » de grands groupes, l’Etat veut tordre le cou aux déclarations de candidats à la reprise de la raffinerie pour son redémarrage comme l’a fait devant une assemblée générale de salariés, le libyen Mabrouck Getty. « Ce ne sont pas une conversation téléphonique ou un mail qui font une reprise en bonne et due forme », avertit le préfet de région. Il ajoute surtout que « véhiculer la rumeur selon laquelle elle existerait, met en danger les démarches entreprises pour permettre le repositionnement industriel du site ».
Ce débat est activement animé par l’intersyndicale Petroplus, particulièrement la CGT, et par des élus du Front de gauche. Dans les différentes collectivités, CREA, Département, Région, qui ont été sollicitées pour cofinancer l’étude de repositionnement industriel, ils ont exigé que la mention “raffinage“ soit citée parmi les pistes prioritaires de relance du site.