À l’occasion du centenaire de la guerre de 1914-1918, Le Stéphanais prévoit de consacrer, au printemps prochain, un dossier sur le quotidien des habitants durant ces années noires. Tous les documents puisés dans les archives familiales sont les bienvenus. En 1914, les combats sont,bien loin et le son des canons français et allemands ne parvient pas jusqu’à Saint-Étienne-du-Rouvray. Pourtant, les conséquences de la guerre se font bel et bien sentir pour celles et ceux qui sont restés et qui doivent vivre au quotidien avec l’angoisse de perdre un époux, un frère ou un père.
Dès le mois d’août 1914, suite à l’ordre de mobilisation générale, les hommes "soumis aux obligations militaires" partent pour le front. Peu de temps après, les premières réquisitions ont lieu. L’intendance militaire vient chercher des véhicules, des chevaux mais aussi des vaches et des bœufs pour assurer le ravitaillement des soldats. Comble de malchance, les hommes partis se battre font vite défaut tandis qu’ils devraient être aux champs pour les moissons. Certaines familles essayent bien d’obtenir des permissions spéciales mais sans succès. À cours de solution, la Mairie elle-même se charge de réquisitionner de la main-d’oeuvre parmi les plus jeunes, y compris chez les enfants dès l’âge de 12 ans, sans oublier les plus âgés qui ont échappé à la mobilisation.
Peu de temps après, c’est l’arrivée de troupes françaises et étrangères qui vient bouleverser le quotidien des Stéphanais. Ce sont d’abord les hommes du 21e Régiment d’infanterie territoriale qui débarquent afin d’assurer la formation des conscrits qui n’ont jamais fait de service militaire ou qui n’ont pas eu d’activité physique depuis longtemps. En quelques semaines, il faut les familiariser au maniement d’armes, à la préparation du barda et à la discipline militaire.
Et le défilé continu pour les Stéphanais qui voient passer successivement sous leurs fenêtres, les troupes britanniques qui ont en charge les hôpitaux militaires implantés sur le champ de course et au Madrillet mais également les Belges qui ont installé leur comité rue de Paris et des réfugiés par centaines qui fuient les combats. Cette arrivée massive constitue une main-d’œuvre providentielle pour les entreprises locales, comme la société Cotonnière pour la fabrication de textile et, dès 1916, la Fonderie lorraine pour la fabrication d’obus.
Pour aller plus loin dans cette description du quotidien des habitants, "Le Stéphanais", en partenariat avec l’atelier Histoire et patrimoine du centre socioculturel Georges-Déziré, lance un appel à toutes celles et à tous ceux qui pourraient avoir dans leur grenier ou au fond d’un vieux carton des lettres, des affiches, des carnets ou encore des photos susceptibles d’enrichir cette recherche. Il n’est pas tant question de parler de la guerre mais plutôt de montrer l’envers de la grande Histoire à partir de témoignages liés aux "petites" histoires.
• Pour tout renseignement, contactez Pierre Ménard au 06.14.71.57.93.