Ces dernières semaines nous auront permis d’explorer une large gamme de sentiments : espoir, incrédulité, sidération, fatalisme…
15 jours après que le vote des Bihorellais et Bois Guillaumais a été piétiné, l’heure est davantage à la consternation. Il n’aura en effet fallu que très peu de temps pour que les masques tombent et que nos analyses soient confirmées.
Sortant du bois, en tête du peloton (c’est de saison…), Hubert De Bailliencourt, ci-devant représentant local du Mouvement Pour la France, qui, dans un truculent commentaire laissé le 06 juillet sur notre blog, n’a pu contenir davantage une pulsion qu’il réprimait depuis trop longtemps : “Bon, pour ne rien vous cacher, nous sommes très nombreux à être super contents de cette fusion. (…) C’est à votre bande d’excités que Bihorel a échappé et, sans vouloir nous répéter, nous en sommes RAVIS. Mettez le cap sur la rive gauche, Bihorel n’est pas à vendre au socialisme !” (l’intégralité du commentaire pourra être lu ICI, c’est le 6e à la suite de l’article). Eh bien, Messire Hubert, tout cela n’est pas très raffiné, pas très glorieux, plutôt bravache la bataille terminée, plus Godefroy de Montmirail que Godefroy de Bouillon… M’enfin, vous voilà soulagé.
Toujours à la sortie du bois, suçant la roue de notre triste sire, M. Renard lui-même. Et là, on quitte le burlesque pour le pathétique des combinaisons bassement politiciennes. Cité par le Paris-Normandie le 11 juillet dans un article titré “Dans l’attente d’un arrêté”, il nous explique, répondant à la question ” Pourquoi Bois-Guillaume-Bihorel et non pas Bihorel-Bois-Guillaume ?” : “La réponse est géographique. Le siège de la mairie sera situé en lieu et place de l’actuelle mairie de Bois-Guillaume.” Peut-être faudrait-il qu’il en informe son co équipier, le futur ex-maire de Bihorel, qui n’a pas cessé avant la consultation d’affirmer que la mairie de Bihorel serait conservée… P. Houbron se serait-il laissé décrocher ?
Dans le Bulletin de l’arrondissement de Rouen du 12 juillet, Gilbert Renard nous gratifie enfin d’une belle échappée en solitaire. On y apprend en effet que le maire de Bois Guillaume, la fusion tout juste redescendue en température, a conclu une nouvelle convention pour 5 ans avec l’association Liberty à qui la ville délègue la gestion des crèches depuis 2001. Or, la crèche de Bihorel, de son côté, est municipale… Ces mêmes crèches dont on nous assurait quelques semaines plus tôt qu’elles seraient, bien entendu, l’un des premiers chantiers de mutualisation des moyens. Détail savoureux : il est précisé dans l’article que les crèches gérées par Liberty seront réservées aux Bois Guillaumais… Nouvelle illustration, à coup sûr pas la dernière, de ce cynisme dont semblent se délecter sans fin nos édiles. Victoire d’étape en attendant pour M. Renard…
Le plus navrant dans cette affaire, c’est que tout ce beau monde doit se vivre en génie de la tactique, fier du coup de Jarnac joué à la gauche. Les Bihorellais, les Bois Guillaumais de droite comme de gauche, là-dedans ? Quantité négligeable, pris en otage, pigeons. Tout juste bons à regarder passer la caravane publicitaire.
G. Avisse
