Quand je suis arrivé à Rouen, il y avait bien un lieu où j’aimais traîner des pieds, où je raclais sans orgueil le fond de mon portefeuille à la recherche des derniers centimes d’euros pour acheter un bouquin, un dvd, un truc : la fnac de rouen. Au coeur de la ville, repère de mes années étudiantes entre deux bars et deux heures de cours, la FNAC était un des seuls endroits vivants que je connaissais à Rouen. J’aimais son atmosphère, ses caisses rapides, sa moquette.
Depuis, plus rien. Désormais pour moi, c’est devenu la FUCK de Rouen. Depuis la panne de la climatisation cet été (il devait faire un bon 30°C dans le magasin), je ne vois plus que ses défauts. La FUCK de Rouen, plus austère qu’un parking sous-terrain, plus laide qu’une enseignante d’arts plastiques, ne m’attire plus.
Pourquoi alors se rendre encore à la FUCK de Rouen ? Les prix sont hors de prix (ont-il pris conscience de l’essor du e-commerce ?), la déco marron-moche est à bout de souffle dans une galerie marchande agonisante et les prix sont hors de prix (quoi je l’ai déjà dis ?). Non vraiment, je me demande ce qui peut me donner encore envie d’aller à la FUCK de Rouen ? Hum…Rien. Pour les livres j’irais à l’Armitière, pour la musique j’ai déjà Spotify, pour les films la VOD ou le téléchargement légal. Que reste t-il ? Des plasmas et des casques audio hors de prix (décidément…). En fait, la FNAC c’est le dernier endroit où l’on matérialise les produits et services culturels sans le charme des petits disquaires et des libraires passionnés. Alors non, la FUCK de Rouen fait désormais parti de mon passé, et je me demande bien à terme, si elle ne fera pas partie du passé de tous les Rouennais. Et vous, est-ce qu’il vous arrive encore d’aller à la FUCK de Rouen ?
