Les consommateurs manquent d’information

« Les consommateurs manquent d’information »

http://www.viva.presse.fr/Les-consommateurs-manquent-d_15704.html

Dr Laurent Chevallier, nutritionniste et membre du Réseau Environnement Santé.
Qui contrôle nos assiettes  ?
C’est la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (Dgccrf) qui est chargée de vérifier l’application de la réglementation concernant l’alimentation. Le problème, c’est que les moyens dont elle dispose sont nettement insuffisants, pour ne pas dire inexistants, et que, même si elle fait bien son travail, il y a des informations que le consommateur n’a pas. On ne sait pas, par exemple, ce que recouvre exactement l’appellation «  extraits végétaux  » dans le Coca.
Pour informer mes patients allergiques, j’ai interrogé l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), qui a été incapable de m’éclairer.
Les agences sanitaires jouent-elles bien leur rôle  ?
Elles ne sont pas très réactives. Fin 2010, quand j’ai appris par une étude danoise que les femmes qui buvaient au moins une boisson gazeuse «  light  » par jour avaient plus de risques d’accoucher prématurément, je pensais que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) allait revoir les recommandations sur l’aspartame, au moins pour protéger les futures mamans et leurs bébés. Et rien.
La réaction de l’Agence européenne de sécurité sanitaire des aliments (Efsa) de ne pas modifier la dose journalière admissible est tout aussi incroyable alors que les études ayant servi à la fixer n’ont jamais été publiées dans une revue scientifique comme c’est la règle. Le Réseau environnement santé vient néanmoins d’obtenir que la Commission européenne fasse une réévaluation en septembre.
A quoi attribuez-vous ces dysfonctionnements  ?
C’est surtout le mode de fonctionnement des agences qui ne va pas, les habitudes culturelles qui font qu’on attend, qu’on minimise les études inquiétantes, qu’on demande toujours plus de preuves, qu’on discrédite les lanceurs d’alerte…
Du coup, les gens sont perdus. Cette cacophonie arrange bien les industriels. Leur dernière trouvaille publicitaire  ? Le neuromarketing, une technique qui consiste à faire passer une Irm à des consommateurs cobayes pour voir les réactions de leur cerveau face à un produit.

[25.08.11]   Brigitte Bègue

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