Une lente disparition du programme Sport, Jeunesse et Vie Associative

Le budget Sport, Jeunesse et Vie Associative a été voté par la seule majorité gouvernementale ce jeudi 10 novembre à l’Assemblée Nationale. Il représente 0,15 % du budget de l’Etat, très loin des 3 % promis par le candidat Sarkozy en 2007.

Le vote de ce budget de misère est à l’image du traitement du sport par le gouvernement depuis 5 ans. Une instabilité constante, tout d’abord, avec pas moins de 5 ministres en 4 ans et 6 périmètres politiques différents. Une baisse drastique des moyens de l’Etat ensuite, avec la RGPP et les conséquences pour les territoires qui perdent ainsi leur personnel Jeunesse et Sport. Une nouvelle diminution des crédits du programme sport, enfin, moins 4,7 % pour 2012 par rapport à 2011.

Dans ce budget, la « promotion du sport pour le plus grand nombre » est l’action la moins bien dotée du programme (en baisse de 320 % depuis 2009 !), l’action « développement du sport de haut niveau » est constante à périmètre équivalent alors que nous sommes en année olympique. Le budget de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage est simplement reconduit à 7,8 millions d’Euros, ce qui imposera à l’agence, outil d’excellence reconnu à l’international, des choix difficiles entre le maintien de son accréditation, le développement du passeport biologique, la diminution des contrôles avant les jeux, ou rogner sur la recherche.

Dans tous les secteurs, le budget proposé marque le désengagement de l’Etat, l’abandon progressif des 30 millions de pratiquants, des 16 millions de licenciés, des 4 millions de bénévoles, qui sont pourtant porteurs de nombreuses et légitimes attentes.

53 % du financement du programme « sport » provient finalement de crédits extra budgétaires, ceux du Centre National de Développement du Sport. Un CNDS qui subit en 2012 une double peine : d’une part limité dans ses recettes par deux plafonnements cumulés (sur les taxes des jeux en dur et des paris en ligne), d’autre part de nouveau mis à contribution pour les stades de l’Euro 2016 à hauteur de 18 millions supplémentaires, pour un total de 168 millions sur 5 ans. C’est un montant minime comparé à l’investissement global d’1,8 milliard d’€ pour les stades, mais une somme considérable au regard des crédits de la mission sport du budget 2012.La priorité est encore une fois donnée au football professionnel alors que d’autres chantiers sont prioritaires : la remise à niveau des équipements sportifs de proximité, un plan Arena pour les sports de salles, des piscines loisirs et une piscine olympique digne de ce nom, un véritable statut du bénévole, une meilleure et plus juste diffusion de toutes les disciplines sur le service public de la télévision, la place de l’activité physique et sportive à l’école, dans une politique de santé publique, comme vecteur de cohésion sociale.

Malgré une volonté politique affichée et un engagement personnel certain, le nouveau Ministre des sports David Douillet ne pourra que composer avec ce Ministère en voie de disparition.

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