Jusqu’alors, à travers le Programme alimentaire européen d’aide aux plus démunis (PEAD), l’Europe consacrait 1 € par habitant et par an pour défendre le principe du droit à l’alimentation de ses citoyens. L’argent est attribué aux associations caritatives qui distribuent denrées et repas. Chez nous, la Banque Alimentaire ou encore les Restos du coeur en bénéficient. Il y a quelques semaines, autour d’une table de négociations, des élus allemands ont pointé des difficultés techniques et juridiques, un prétexte douteux pour démanteler le PEAD. Les volontés allemandes n’ont pas été empêchées : le ministre français de l’agriculture et de la pêche, Monsieur Le Maire, pilier du gouvernement Sarkozy, a exclu toute forme de pression sur nos partenaires allemands ! L’enjeu méritait pourtant que l’on insiste au moins un peu… On ne peut pas se contenter de mots en cette période de crise économique et sociale qui touche d’abord les plus fragiles et les fait basculer dans la très grande précarité. Des eurodéputés socialistes comme par exemple Estelle Grelier, l’ont fait mais pour plus d’efficacité, il aurait fallu que le Président de la République parle à ses amis d’outre-Rhin. Il ne l’a pas fait. Et l’Allemagne vient de proposer une solution de transition : la fin du PEAD au 1er janvier 2014. Alors, le PEAD n’existera plus. Les associations caritatives devront fonctionner sans les subventions européennes. Et il faut craindre qu’après lui, le Fonds social européen (FSE) et les autres dispositifs qui forment la politique sociale européenne connaissent, eux aussi, un sort similaire… La solidarité européenne, l’une des valeurs fondatrices de l’Union, est petit à petit abandonnée.Je suis fondamentalement pro-Européen quand l’Europe véhicule des valeurs de paix et de progrès. Mais je comprends qu’elle inspire un sentiment de régression économique et sociale à ses citoyens de plus en plus eurosceptiques. Je soutiens mes collègues socialistes députés européens qui défendent d’autres choix et notamment le maintien du PEAD. Il est plus facile d’être aidé quand on est banquier ou trader que bénéficiaire de l’aide alimentaire dans l’Europe d’aujourd’hui! On marche vraiment sur la tête!