La fièvre de l’or

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LE HAVRE – L’or se porte bien sur le cours mondial. Mieux, il a la cote et les acheteurs de cette valeur refuge sont de plus en plus nombreux à investir sans réserve. La crise économique qui secoue le monde a changé le comportement des investisseurs. Spéculateurs qui ont des moyens financiers parfois importants mais qui ont perdu confiance dans les placements en bourse. Ces acheteurs font face à des vendeurs d’or qui eux ont un besoin urgent de liquidité pour vivre. « Nous avons depuis quelques mois de nombreux clients qui viennent nous vendre leurs bijoux de familles, atteste cet acheteur qui a pignon sur rue. On sent un besoin d’argent mais également une certaine panique de ne plus y arriver quotidiennement d’où la volonté de vendre au plus vite leurs biens ».
Ce commerçant débourse ainsi plusieurs milliers d’euros chaque semaine pour acheter tous les objets en or qu’on lui propose. Le plus souvent de la bijouterie qui ensuite, « sera envoyée à la fonte. Rien n’est revendu tel quel… C’est dommage, parfois certains bijoux ont peut-être une valeur plus importante » . Le vendeur pris par l’urgence n’y pense pas. Ce qu’il apprécie et qu’il veut c’est « l’argent rapide sans qu’on lui pose trop de questions, dit Alan qui vient avec quelques breloques en poche. C’est une démarche facile et discrète ». En effet pour vendre son précieux métal,  rien de bien difficile. Il suffit d’une pièce d’identité telle qu’un passeport ou une carte basique. Pourtant cela devrait bientôt changer.
Depuis plusieurs mois, la recrudescence de cambriolages chez des particuliers inquiète les autorités. Parmi les objets volés, les bijoux en or, bien sûr… «L’Europe veut changer les textes de lois, indique cet acheteur dans les salons d’un hôtel de la ville. Bientôt, toute personne qui voudra vendre de l’or devra en plus de sa pièce d’identité, prouver que les bijoux lui appartiennent bien  ».
De ce fait, le vendeur devra amener une facture d’achat ou un certificat de don fait auprès d’un notaire « notamment dans le cas d’un héritage ou d’une donation familiale ». Une obligation qui va  compliquer la démarche pour les vendeurs mais également les acheteurs qui craignent que la plupart des objets soient revendus à l’étranger où les dispositions seront plus souples, « il est en effet possible que ces mesures incitent à un trafic plus important et bien sûr, ce sera un manque à gagner pour nous ». Manque à gagner d’autant plus surprenant qu’il est possible de vendre son or à des professionnels spécialisés mais également auprès de buralistes.
Avec ces nouvelles lois devraient progressivement disparaître ces acheteurs qui promettent du cash et donnent rendez-vous aux vendeurs dans des hôtels, pas sûr par contre que les cambrioleurs, eux, soient hors circuit.
Eddy Simon

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