Rail : fret et voyageurs, même enjeu

Le comité de défense du triage SNCF participe à la convergence nationale pour un service public ferroviaire de qualité. Didier Le reste est venu en présenter les enjeux le 22 novembre à Saint-Étienne-du-Rouvray, à l’invitation du comité et de la Ville. Le comité de défense du triage monte le ton d’un cran, "8 000 signatures, ça ne suffit pas, il en faut 20 000", a dit Pierre Ménard, son président, à la réunion publique organisée à Saint-Étienne-du-Rouvray le 22 novembre. "Il faut aller dans les débats publics de la LNPN, ligne nouvelle Paris Normandie, pour parler du fret ». Surtout le comité de défense du triage élargit son champ d’action pour parler de l’avenir du service public ferroviaire dans son ensemble : "Au-delà des triages, il y a une multitude de comités d’action partout pour défendre une gare, un train, une correspondance, il faut nationaliser la lutte". Une convergence nationale est en train de prendre forme pour exiger, défendre, redévelopper un service public ferroviaire de qualité. Didier Le Reste, un des animateurs de cette convergence, et ancien responsable national CGT des cheminots, était venu en parler. Il a rappelé que le rail était l’objet depuis des années de directives européennes de libéralisation, "la première eurogrève de cheminots date de 1992", et alerté sur de nouveaux projets visant à aller plus loin dans la séparation entre infrastructure (Réseau Ferré de France) et opérateurs (SNCF) : "Pour faire venir plus d’opérateurs privés, ils voudraient aligner les conditions de travail sur celles des chauffeurs routiers. Les impératifs de sécurité ferroviaire sont jugés trop contraignants, alors que c’est la sécurité, le système intégré qui ont fait le succès de la SNCF." L’éclatement de la SNCF ressemble à celui déjà mené entre Poste et Télécoms, entre EDF et GDF, et qui ont abouti aux privatisations de ces services. "RFF joue le bras armé de la privatisation, précisait Didier Le Reste. Il augmente les péages que paye la SNCF, qui pour faire des économies fait circuler moins de trains. On est loin du service public…". Il soulignait qu’aujourd’hui "le mode dominant est la route, au moment de la sécheresse, la SNCF n’a pas été capable de porter plus de 10 % de paille, trop de triages, trop de gares ont été fermés", ajoutant que la SNCF sert de banque pour financer des filiales routières, notamment avec Geodis. La SNCF envisage même aujourd’hui, le Figaro en faisait un article deux jours après le débat, de créer des lignes de cars grandes distances pour voyageurs. L’ancien responsable syndical appelait les élus à la cohérence : "on ne peut pas manifester lundi contre les suppressions de trains et le dimanche voter la libéralisation : au parlement européen, à part la gauche unitaire, l’autre gauche a voté avec la droite pour aller plus loin dans la séparation des structures, les verts se sont abstenus".
Le maire, Hubert Wulfranc, s’est félicité de l’action du comité, "la SNCF un service public utile aux gens, à l’économie, à l’environnement, à l’aménagement du territoire". Les mesures dangereuses sont proches : dans le grand cadencement général mis en place en décembre, le mois prochain, la SNCF en profite pour supprimer des trains et/ou des correspondances. Concernant le triage de Sotteville-lès-Rouen, Luc Delestre, responsable du comité d’entreprise, a informé qu’en février le démontage de 10 voies est programmé. Il y a le projet de LNPN, ligne nouvelle Paris Normandie, sur laquelle Pierre Ménard s’interroge :" à quoi sert une ligne qui met Paris à une heure de Rouen s’il faut mettre une heure pour aller de Rouen à Saint-Étienne-du-Rouvray ? à quoi sert une ligne qui ne soit pas utilisable par le fret ?" De son côté Didier Le Reste situait la LNPN dans le projet de construction d’un réseau européen à grande vitesse, mais, notait-il "15 % des voyageurs prennent le TGV. À côté il y a le réseau classique, celui que prennent tous les voyageurs du quotidien, qui aurait besoin d’un milliard d’euros pour être remis à niveau".
Le débat était suivi de la projection du film Cheminots. D’autres rencontres sont prévues par le comité en novembre et décembre à Gournay, Sotteville-lès-Rouen, Oissel, Tourville-la-Rivière.

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