Monsieur le Président des Etats Unis d Amérique.
Vous qui m aviez ébloui. Vous dont l’accession à votre fonction m’avait réjoui comme aucun de vos confrères auparavant. Vous qui portiez la flamme de dignité pour les anciens colonisés, esclavagisés.
Soudain, vous êtes devenu si petit.
J’avais rêvé plus grand encore que le symbole que vous portiez d’un descendant de Martin Luther King accédant aux plus hautes fonctions politiques.
J’avais rêvé que ces longues racines vous donneraient la force et la rage en faveur de la justice dans votre pays et en dehors.
Il ne faudrait pas rêver. Mais je ne renoncerai pas à mes rêves, ce n’est que vous qui avez le genou servile.
Si je vous fais cette lettre, monsieur le Président, à vous qui êtes si loin, c’est que j’ai ressenti le désespoir d’américains qui me sont proches : Jewish Voice for Peace. Leurs mots étaient forts. Leurs blessures de citoyen américain profondes. Une nouvelle fois leur pays se déconsidérait aux yeux du monde. Je crois qu’ils ont raison de s’interroger sur les ressorts d’une décision si contraire à l’intérêt du pays, si contraire à l’idéal de justice que vous voudriez incarner.
Monsieur le Président, après avoir dénié le droit à l’existence de la Palestine dans les frontières de 67 à l’ONU et à l’UNESCO, après tant d’atermoiements, tant de dates butoirs effacées, tant de promesses non tenues, avec la parfaite lâcheté de celui qui sait contribuer aux conditions de sanglantes déflagrations, vous rabaissez votre pays par les mesures de rétorsion à l’égard de l’UNESCO.
A présent, le message que vous adressez au monde est que votre pays ne conçoit la démocratie, le vote majoritaire, qu’à votre botte. Ce ne sont pas uniquement les programmes en faveur de la culture et de l’éducation qui sont attaqués, c’est le respect de la décision démocratique. Vous avez dégainé votre arme : les finances.
Des enfants vont y perdre
Des déshérités vont y perdre
La paix va y perdre
Votre pays va y perdre
Mais vous, pour vous, qu’espérez vous ?
Que les fanatiques fondamentalistes chrétiens votent pour vous, ou bien les juifs extrémistes ?
Dans ce monde tourmenté les peuples recherchent des dirigeants honnêtes et courageux, qu’ils s’engagent personnellement pour la paix, pour la justice. Monsieur Obama, que j’avais cru grand, vous avez manqué votre rendez-vous. Vous n’aurez offert que du désespoir, de la petitesse.
Serge Grossvak, le 6 novembre 2011