
Rumeur ou véritable décision municipale ? La tolérance de stationnement pendant les travaux au Havre sur les places et parkings payants n’est-elle qu’un leurre ou une volonté pas réellement actée ?
La question peut se poser et nous l’avons testée.
Je travaille dans le centre-ville et dois me déplacer dans les différents quartiers du Havre régulièrement. Mon employeur paye à l’année une carte de stationnement pour les zones vertes. Seulement voilà, avec les chantiers nombreux, il est difficile parfois de trouver une place sur lesdites zones vertes et de ne pas finalement se garer en zone orange. Si je me gare en zone orange et non en zone verte ce n’est pas dans l’idée de faire une quelconque économie ou un acte de rébellion, mais une nécessité.
Une réalité de terrain pour un gain de temps et de praticité tout simplement auxquels nous sommes confrontés et nous sommes nombreux dans ce cas.
Alors, cette tolérance ? Elle est toute relative… Il m’est arrivé de rester stationné pendant une longue durée sur une zone orange et de ne pas être verbalisé. Certains agents ne collent pas le petit papillon amende à vue sur le pare-brise d’une carte de stationnement payante quelle que soit la couleur. Cela m’est confirmé par quelques usagers réguliers de différents secteurs de la ville.
Par contre, pour d’autres, c’est systématique comme un excès de zèle. Pour preuve, en planque, je vois un agent avec son carnet à souches à la main. Je l’apostrophe alors qu’il dégaine son stylo, lui parle de ma situation professionnelle, lui explique que l’on m’a rapporté que la mairie avait soi-disant donné consigne d’être tolérant en ces temps de travaux.
Peine perdue, l’agent ne veut rien entendre. Il me dit qu’il doit verbaliser, c’est son devoir, sa mission, son sacerdoce, il est assermenté… OK, après quelques échanges véhéments, je change mon véhicule de place.
Un autre jour, je retrouve une amende sur mon pare-brise : « Titre de stationnement non valable ». Bah tiens…
Je me mets donc en quête d’écrire à la police municipale du Havre en spécifiant que la situation n’est pas facile pour se garer et que dans le cadre de mon boulot, je n’ai pas toujours le choix. Je fais appel à leur clémence et aborde cette soi-disant tolérance. Je poste ce courrier en juillet dernier.
Une première lettre de retour me parvient fin août me spécifiant que ma demande est en cours de traitement et qu’il me sera donné une réponse par l’Officier du ministère public.
Novembre, je reçois enfin la fameuse missive tamponnée du ministère public, juridiction proximité : « En réponse à votre demande du 4 juillet 2011 et l’examen de votre dossier, j’ai le regret de ne pouvoir procéder au classement de l’amende citée en référence ». C’est sans appel et si je ne paye pas rapidement l’amende forfaitaire à 11e, celle-ci deviendra une amende forfaitaire majorée à 33e « dont le recouvrement se fera par huissier du Trésor public », me précise-t-on. Tolérance zéro, comme dirait l’autre !
Pas de doute, pendant le chantier, les affaires continuent !
Eddy Simon