Revenant de Paris dimanche soir, j’ai vécu un petit moment de grâce aux heures de pointe, il fallait vous le dire.
Valise à peine bouclée, pleine à craquer. Un contrôle malgré le retard. J’ai appris à ne plus le prendre mal et à me contenir. Briser cette glace et jeter le contrôleur du train en marche ne réglera rien. Je le sais maintenant.
Le train arrive en gare. Descente du train bondé, fourmillement dans les jambes et les bras. Un train au même moment débarque ses passagers sur le quai d’en face. Attroupement. Bis repetita hebdomadaire. Le genre humain dans les affres du train-train. Mais ce soir, pas de jeu de paumes coude à coude. Personne ne se heurte, tous se respectent dans le silence, presque. D’un regard bienveillant, chacun d’entre nous se laissait passer, valise après valise. Un acquiescement, parfois un clin d’oeil suffisait. Ce dimanche, gare de Rouen, j’ai vécu une autre forme de bousculement.
Il fallait vous le dire.