(source: rebellyon)
Manifestation des identitaires à Paris le 23/10/2010.
Vague normande à Rouen,Rebeyne à Lyon, Nissa Rebela à Nice ou Projet Apache
à Paris, il s’agit en réalité des anciens groupes des Jeunesses
Identitaires : mêmes militants, mêmes types de
propagande, présentés aujourd’hui comme des groupes complètement
autonomes et plus axés sur des thématiques régionalistes.
Cette nouvelle dénomination tente de différencier dans l’opinion publique les « Jeunesses Identitaires » du « Bloc Identitaire ».
Les premiers ayant vu leur président, Phillipe Vardon, condamné par
la cour d’appel d’Aix-en Provence pour « reconstitution de ligue
dissoute » en septembre 2008. Le Bloc Identitaire, aux prétentions
électoralistes, ne désire évidemment pas qu’on se rappelle le passé des
membres des deux structures au sein d’Unité Radicale,
dissoute par décision de justice suite à la ridicule tentative
d’assassinat de Jacques Chirac par l’un de ses membres, Maxime
Brunerie.
Les Jeunesses Identitaires ne se sont pas pour autant
transformées en groupes indépendants, la structure nationale a
disparu devant une autre appelée « Une Autre Jeunesse » dont la
principale apparition s’est résumée en explication sur Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ethno-diff%C3%A9rencialisme)
relativement biaisée, on reviendra plus tard sur cette notion
partagée en partie par d’autres groupes considérés comme « de
gauche ») et de leurs sources (la Nouvelle Droite (http://nopasaran.samizdat.net/article.php3?id_article=1328), la Nouvelle Revue d’Histoire, etc.).
Ces théories ne sont pas arrivées par hasard au sein de
l’extrême-droite. Conscients que se trimballer les vieux refrains
éculés d’une extrême-droite
plus traditionnelle n’est pas vraiment vendeur, les Identitaires
piochent du côté de la Nouvelle Droite, émanation du GRECE (pour Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (http://fr.wikipedia.org/wiki/GRECE).
Dépasser le nationalisme par l’identité européenne, tout en
s’opposant à l’Union Européenne. Depuis la fin des années 60
l’extrême-droite s’essaie, sans grand succès, à l’internationalisme
régionalisé en ressortant le vieux fantasme d’un peuple européen
cohérent. C’est aussi le GRECE qui a élaboré au début des années 70 la théorie de la « métapolitique »
qui pousse les Identitaires et d’autres à multiplier les
associations pour « faire de la politique hors de la politique » :
l’idée de base de cette théorie était de contrecarrer le fait que
leurs idées n’ont pas d’échos positifs dans la population quand elles
apparaissent clairement. On retrouve ainsi parmi les inspirateur
des Identitaires des anciens du GRECE comme Guillaume Faye (http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Faye).
La perception sociologique, anthropologique, des
Identitaires est donc des plus nauséabondes. Leur perception
historique vaut également le détour. Développant une fascination
pour le « roman national », notamment à travers la vision biaisée
que peut donner de l’histoire des revues aussi peu sérieuses que la
NRH (Nouvelle Revue d’Histoire), les Identitaires s’inscrivent dans la
droite ligne de l’extrême-droite française, celle qui n’a jamais
réussi à prendre pied chez les historiens et les archéologues en
raison de sa vision archaïque de l’histoire nationale. Mais les
Identitaires ont également mis en avant une volonté de s’approprier des
symboles historiques plus marqués à gauche, plus populaires,
comme les canuts à Lyon ou les « apaches » à Paris. La situation donne
des résultats surprenant puisque par exemple le 8 décembre, les
Identitaires se réclamant des révoltés du XIXe siècle lyonnais en fêtent les bourreaux . Dur de trouver une cohérence historique là-dedans…
c’est chose faite (http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/11/30/et-le-candidat-identitaire-en-2012-sera/),
et Arnaud Gouillon, ce vainqueur en puissance n’aura finalement
tenu que quelques mois avant de se retirer « pour raisons
financières », entre la rencontre de Fabrice Robert (président des
Identitaires) avec l’état-major du FN, et l’incapacité de ces
derniers à récupérer les 500 signatures tant désirées…
On pourrait passer des heures à détailler leur évolution
politique, notamment le passage de certains de leurs membres de
l’antisémitisme d’Unité Radicale au pro-sionisme, leur logique
vis-à-vis du marché du RAC (Rock Against Communism, scène
musicale néo-nazie) autour du label Alternatives, ou encore leurs
tentatives d’implantation dans le milieu Hooligan… Mais ils ne
valent pas la peine que nous nous étendions ici sur ces points…
Aujourd’hui comme hier : no pasaran !
Pas de fachos dans nos quartiers,
Pas de quartier pour les fachos !