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Publié le 11 déc. 2011 : 10h 08m dans Énergie par Michel DEPROST.
« Je me réjouis que nous ayons maintenant un processus pour aboutir à un nouveau traité légalement contraignant mais il manque toujours le principal: la volonté politique et l’ambition nécessaires pour éviter un réchauffement climatique dramatique« , a déclaré Corinne Lepage, membre de la délégation officielle du Parlement européen à Durban, à l’issue de la conférence qui s’est achevée ce dimanche matin à Durban, Afrique du Sud. Voici les principaux extraits de son communiqué.
La députée européenne a dénoncé les causes du blocage. « A Durban nous nous sommes heurtés aux limites de la politique et des égoïsmes nationaux. Cela montre à quel point il est important de réformer la gouvernance mondiale de l’environnement lors du sommet de Rio l’année prochaine. Il faut inclure la société civile dans le processus onusien afin d’assurer une représentation de l’intérêt général qui puisse faire pièce aux intérêts nationaux.«
États-Unis, Canada, Chine
« Malheureusement ce sont les gouvernements qui n’ont toujours pas pris la mesure des risques de court et de long terme des changements climatiques qui imposent leur loi aux autres dans ce processus, en premier lieu les États-Unis et le Canada. La Chine, qui fait incontestablement des efforts au niveau national, cultive toujours de nombreuses ambiguïtés. Les lobbies pétroliers, charbonniers et les États portant ces voix ont clairement pesé sur le processus en faisant repousser les décisions importantes à une date ultérieure. Le choix de la prochaine COP vers le Qatar, État totalitaire privant de droits la société civile (les syndicalistes, ONG, les femmes) et premier émetteur de gaz à effet de serre par habitant, était un mauvais symbole. Le reste de la conférence a été à cette image. »
« Pourtant les scientifiques sont clairs: la contrainte physique du changement climatique va remettre en cause notre mode de vie, bouleverser nos économies comme les équilibres géographiques et démographiques. Tout au long de la conférence les représentants de la société civile et d’ États exposés ont prouvé qu’il était possible de faire avancer les choses à 7 milliards d’habitants. En effet une économie verte porteuse de création de valeur, d’emplois et de bien-être ne demande qu’à se développer. »
« L’ Union européenne a quant à elle prouvé qu’en défendant une feuille de route volontariste aux côtés des pays les moins avancés et des États insulaires elle pouvait être forte, même si ses divergences ponctuelles sur la question de l’air chaud ont failli lui être fatales. Ce volontarisme doit impérativement continuer à s’imposer dans les mois qui viennent pour aborder le principal: l’impérieuse nécessité de faire preuve d’ambition pour éviter un réchauffement climatique dramatique. »
« Les avancées nécessaires ne seront possibles que lorsque la gouvernance mondiale permettra de faire co-exister la représentation des nations et la représentation des citoyens du monde directement confrontés aux effets du changement climatique et qui veulent éviter le pire à leurs descendants. »