L’incroyable courage de Suzanne Savalle

Le document retranscrit par Catherine Laboubée est absolument remarquable par sa simplicité et son authenticité. C’est le témoignage de Suzanne Savalle, une des figures de la résistance de l’agglomération rouennaise pendant l’occupation allemande. Dans un cahier manuscrit, elle raconte comment elle a été arrêtée par la gestapo, quel fut son dur traitement dans les prisons françaises puis dans les différents camps de déportation. Libérée en avril 1945, elle a le courage et la force de prendre la plume quelques semaines plus tard pour coucher ses mémoires, histoire de ne pas oublier. «Tout s’oublie si vite», insiste-t-elle.

Madame courage

Suzanne Savalle a grandi à Darnétal, entourée de parents généreux qui avaient le souci de l’autre. Elle prendra le même chemin. Elle se dévoue, donne des cours, s’occupe de réfugiés espagnols… puis entre dans la résistance pendant l’occupation. Elle a alors le caractère déjà bien trempé. Petite, elle n’hésitait pas à prendre part aux bagarres dans la cour de l’école. C’est certainement cette force de caractère qui lui a permis d’endurer tout ce qu’elle a vécu et de garder cette rage de vivre à partir du moment où la gestapo de Biarritz est venue l’arrêter à Darnétal. Elle confesse même : «Il faut plus de courage pour vivre que pour mourir».
Ce livre se lit d’une traite tant il est poignant. Les termes sont crus et sans équivoque, peu élogieux pour l’occupant. Sortis de leur contexte historique ils pourraient choquer.

Pas de modifications

Pour conserver toute l’authenticité du récit, Catherine Laboubée a décidé de ne rien changer, de ne rien censurer, mais plutôt d’expliquer, en début de chapitre, ce que fut la résistance dans l’agglomération rouennaise, de peindre le caractère du personnage, de présenter successivement les différents camps par lesquels Suzanne Savalle a transité.
Elle n’appartenait pas à la résistance armée. Loin de nous les attaques de convois allemands ou la bataille du rail. Elle faisait essentiellement des faux papiers, avec le concours d’un policier de Darnétal qui fournissait des vrais tampons officiels.
Même si on a envie de penser aux fêtes de fin d’année en ce moment, ce livre mérite de figurer dans toutes les bonnes bibliothèques, histoire de ne pas laisser filer la mémoire de nos contemporains.
Thierry CHION

Catherine Laboubée, Suzanne Savale, résistante normande, Editions de la rue.
18 euros.

Catherine Laboubée nous propose un témoignage émouvant (D.R.)

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