Un coup d’épée dans une mer qui monte

La Conférence de Durban, qui s’est achevée le 11 décembre, devait redonner un cap aux négociations sur les changements climatiques et un avenir au protocole de Kyoto. Les messages et les rapports scientifiques sur l’urgence climatique se sont succédés. Ils devaient éveiller les consciences des dirigeants. Mais les chefs d’Etat n’avaient, pour la plupart, pas fait le déplacement jusqu’en Afrique du Sud : leurs négociateurs n’ont pas été – assez ? – alarmés. Chaque pays a ses “bonnes” raisons, soit parce qu’il veut protéger son industrie pétrolière, soit parce qu’il est en voie de développement, soit parce qu’il est soumis aux pressions du calendrier électoral… Pourtant, le changement climatique et les phénomènes qui l’accompagnent dépassent les frontières. Je veux souligner, à ce titre, l’attitude positive de l’Union européenne qui, contrairement aux autres, s’est montrée unie et ambitieuse pour empêcher le “moins-disant climatique”. Le sommet s’est achevé sur un accord décevant. Il ouvre des négociations pour établir, à partir de 2015, un accord qui entrerait en vigueur en 2020. L’urgence est à “calendrier variable” ! Et surtout, ces négociations s’engagent sur la volonté des pays occidentaux d’exiger des pays émergents qu’ils limitent leurs émissions de gaz à effet de serre, même si on touche là à la base de leur développement. De même, c’est “surprenant” en termes de relations internationales quand on sait que les pays occidentaux, eux-mêmes, ne tiennent pas tous leur engagement de réduction d’émissions de gaz à effet de serre du Protocole de Kyoto. On est tout à fait dans le schéma “faites ce que je dis…” L’accord prévoit également la poursuite du Protocole de Kyoto après le 1er janvier 2013 mais en l’absence du Canada, de la Russie et du Japon, qui ont refusé de renouveler l’exercice. Cela signifie que seules 15 % des émissions mondiales seront concernées. Enfin, l’accord revient sur la création du “Fonds vert”, déjà acté à Copenhague et à Cancun. On a avancé sur la mise en place d’un mécanisme de fonctionnement mais l’épineuse question de son financement est une nouvelle fois reportée.

Voilà qui montre que les négociateurs n’ont malheureusement pas retenu les mots du Président sud-africain, Jacob Zuma, dans son discours d’ouverture de la conférence, qui a déclaré : “pour beaucoup de personnes dans les pays en développement et en Afrique, le changement climatique est une question de vie ou de mort“.

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