Lors de la séance budgétaire de décembre, le groupe Pour une nouvelle Normandie a voté contre le budget présenté par la majorité socialiste. Dans son intervention sur le chapitre aménagement numérique du territoire de ce budget, Catherine MORIN-DESAILLY est revenue sur les raisons expliquant le vote négatif du groupe dont elle est la vice-présidente. Vous trouverez son intervention ci-dessous:
Monsieur le Président, chers collègues,
Je compléterai rapidement le propos d’Hubert Dejean de la Bâtie, pour vous dire, comme j’ai déjà eu l’occasion de le souligner, que l’attitude de la Région en matière de technologie de l’information et de communications et d’aménagement numérique du territoire est loin de ce qu’elle devrait être.
Nous attendions que des fonds soient engagés dans les infrastructures faisant cruellement défaut au développement numérique de nos territoires. 2 millions d’€uros » pour lancer et soutenir des études et projets » comme l’indique le rapport, ce n’est clairement pas à la hauteur des enjeux : cela est lié au choix qui a été fait de laisser les départements en charge de ce dossier alors même, il faut le redire, que leur passif respectif en la matière est plus que lourd : des zones totalement délaissées dans l’Eure, des seinomarins abandonnés alors qu’ils avaient consenti de lourds investissements pour le WiiMax. Autant de déception alors que nos territoires ont besoin d’être raccordés efficacement afin de maintenir populations et activités sur place. Malgré tout le choix fait a été de laisser les départements élaborés les schémas directeurs avec un retard là encore qui ne fait que creuser la fracture numérique entre nos concitoyens.
Ces éléments vous les connaissez aussi bien que moi et pourtant tout ce que la Région fait dans ce domaine relève de l’expérimental, du tâtonnement, de l’approximatif : les 15 Espaces Publics Numériques n’ont ainsi pas permis de répondre à l’objectif d’accessibilité pour les usagers souhaitant profiter du programme de Formation Ouverte et A Distance (FOAD) en raison d’une implantation géographique inappropriée comme le rapport le laisse entendre.
De la même façon l’arrivée des Espaces Numériques de Travail pour les lycées n’en sont eux aussi qu’à leur phase d’expérimentation et ne concernent que 10 lycées, (notons que le virus est contagieux puisque le Département n’a développé sa phase d’expérimentation lors de la rentrée dernière que sur 8 collèges) alors que d’autres régions ont depuis longtemps permis à leurs lycées de disposer de ces ENT : ainsi par exemple en Ile-de-France depuis novembre dernier, les 469 lycées de la région disposent de ce dispositif ; en Midi-Pyrénées, l’ENT date de l’année scolaire 2005-2006 et a fini de relier les quelques 250 lycées de la région en septembre 2011. Je pourrais multiplier les exemples avec les régions Pays de la Loire, Auvergne, ou même encore la Corse.
Dans toutes ces dimensions donc, l’action du Conseil Régional est très très nettement insuffisante.