Centre pénitentiaire de Rouen : le choix de responsabilité et d’humanité.

201106094df014b9d7825-0.jpgDepuis de nombreux mois, la liste des communes ayant refusé l’implantation du nouveau centre pénitentiaire sur leur territoire ne cesse de s’allonger.

Suite au refus initial de Bois Guillaume, Mesnil Esnard et Canteleu, la vague des refus s’est élargie à des communes périphériques : La Neuville Chant d’Oisel, Quincampoix, la com/com de Moulins Ecalles, Bouville… A chaque fois, une levée de boucliers de la part d’habitants et d’élus qui craignent pour l’image et la tranquilité de leur commune, et manifestent haut et fort leur fin de non recevoir.

S’il n’est pas ici question de juger de la politique carcérale rendue au nom du peuple français, sauf à affirmer que la prison ne devrait être que l’ultime recours après avoir mis en oeuvre au préalable d’autres alternatives, les conditions de détention se doivent être décentes et respectueuses des personnes.

La prison « Bonne Nouvelle » construite entre 1860 et 1864, cumule les deux grands maux des prisons françaises : vétusté et surpopulation carcérale. D’une capacité de 650 places, elle accueille aujourd’hui entre 750 et 800 détenus. L’Etat a été condamné plusieurs fois pour les mauvaises conditions de détention dans cet établissement.

« Bonne Nouvelle » est aujourd’hui condamnée à être fermée par le « traitement inhumain et dégradant des personnes » qui y sont détenues. Il devient donc nécessaire de construire un centre pénitentiaire qui pourra être moins criminogène à condition d’être de taille réduite et plus humaine, en facilitant les visites et en épargnant la double exclusion liée à une implantation éloignée du centre ville et des voies de communication pour la visite des familles.

Face à ce feuilleton sans fin que semble être la recherche d’un futur site d’implantation, il nous semble aujourd’hui nécessaire de réagir, et d’apporter notre soutien au souhait d’Etienne NOEL, avocat pénaliste et membre de l’Observatoire International des Prisons et de Claude TALEB, vice président EELV du Conseil Régional de Haute Normandie, de voir le futur centre de détention se reconstruire au coeur de l’Agglomération, à Rouen, où des terrains existent encore, desservis par les transports en commun.

Charge aux élus que nous sommes d’en assumer la responsabilité et la décision, et de faire prévaloir un projet humain et responsable en lieu et place d’un potentiel projet urbanistique qui pourra facilement être compensé par l’espace de 4 hectares libéré par l’actuelle prison.

C’est une question de justice et de respect de la personne humaine.

 

 

Une pétition demandant une solution digne pour la construction de la future prison de Rouen a été mise en ligne. Pour la signer c’est ici.

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