Expo au Havre : Jacques Henri Lartigue, photographe de la vie et du mouvement

Air, Terre, Mer : la trilogie de Lartigue. 1926. Gérard Willemetz, ©Ministère de la Culture-France / AAJHL.

Air, Terre, Mer : la trilogie de Lartigue. 1926. Gérard Willemetz, ©Ministère de la Culture-France / AAJHL.

L’Espace Graillot accueille une magnifique exposition consacrée à cet artiste qui, dès l’âge de huit ans, s’adonna à la photographie. Ses clichés intimes, une succulente madeleine, ravivent la mémoire d’un temps perdu.

Jacques-Henri Lartigue, dandy photographe, consacra sa vie à l’art. Esthète, amoureux du beau, il pratiqua la peinture, la photographie et l’écriture. Issu d’une famille fortunée, il put mener une vie de dilettante, côtoya Guitry, JFK et tint un journal, nourri de ses photographies. Ce sont ces pages de sa vie que l’exposition nous invite à tourner. On y croise ses nourrices, ses amis, ses femmes (dont il fut grand amateur). Lartigue, c’est la naissance des stations balnéaires : Cannes, Trouville, Étretat, Le Havre étaient alors le théâtre de rassemblements familiaux. La mer, tantôt horizon, tantôt sujet, est omniprésente dans les clichés offerts au regard du visiteur. Ce choix opéré par le commissaire, Aymeric Perroy, permet à l’exposition de pleinement se déployer dans un espace dédié au patrimoine maritime. Parcours historique, poétique, Rivages nous transporte dans l’entre-deux-guerres (pas exclusivement : l’accrochage n’étant pas chronologique, certaines photos datent d’autres périodes).

Ô temps ! Suspends ton vol …
Les photographies de Lartigue sont un éloge de la lenteur. Une prise de vue capture un moment, un mouvement. Le temps se fige, les corps demeurent en suspens, aériens, entre terre et mer. Les vagues viennent s’écraser contre les digues. L’artiste, magicien du celluloïd, nous transporte dans sa vie qui, au fil de la visite, devient un peu la nôtre. Se bousculent alors des souvenirs personnels, réminiscence proustienne de moments partagés. L’intimité de Lartigue se fait nôtre et glisse vers l’universel. Le photographe écrivait : « Rien n’empêche plus mes yeux de voler, de voguer sans fin ».  Pour le visiteur, rien n’empêche plus ses pensées de divaguer, de caresser ces flots visuels et enchanteurs.
De notre correspondante S.B.

Infos pratiques
• Rivages, Jacques Henri Lartigue. Exposition jusqu’au 22 avril, Espace André-Graillot-chaussée Kennedy. Du mercredi au dimanche de 14 h 30 à 18 h. Entrée : 1 et 2 euros. Tél. : 02 35 25 37 39.

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