
Côté Rouen : Comment vous préparez vous à l’interprétation d’un tel rôle ?
Bruno Putzulu : C’est une longue période de solitude avec l’apprentissage par coeur du texte. Ça permet de penser progressivement le texte. En lisant et relisant le texte, on a l’impression qu’il nous délivre progressivement ses secrets. C’est une étape que je fais quelques mois avant les répétitions. Et les répétitions ont été difficiles, je les ai débutées avec des béquilles. Suite à un accident de foot, j’ai eu les ligaments croisés abîmés.
– Vous êtes-vous documenté sur Caligula avant d’aborder le texte ?
– Des renseignements, le metteur en scène nous en a fournis. L’historique ? C’est surtout le personnage de Camus qui m’intéresse dans ce cas de figure. On a tendance à dire que Caligula était un empereur fou, mais il ne l’était pas tant que ça. Par exemple il remettait en liberté des esclaves et leur donnait la place de certains de ses patriciens. Ce n’est pas si fou que ça.
– Avant d’interpréter votre rôle, est-ce que vous vous faites une idée du personnage, sur la façon dont vous pourriez l’interpréter ?
– Non, surtout pas. Il ne faut absolument rien préméditer, il faut laisser venir le personnage à soi. Ce serait la chose la plus dangereuse à faire. C’est un peu comme si en boxe tu disais je vais faire ça et puis ça face à tel ou tel adversaire. Tout se fait en fonction du partenaire.
– Jouer presqu’à domicile, ce n’est pas source de trac ?
– Non pas vraiment. J’ai aussi joué chez moi à Pont-Audemer. C’est vrai, on voudrait que ce soit au mieux pour les personnes qu’on aime qui se trouvent dans la salle, mais qu’importe qui soit dans la salle, on vient là pour jouer notre rôle. Et je suis vraiment heureux de venir jouer dans la région, je ne le fais pas souvent.
– Vous jouez Caligula jusqu’à quand ?
– La dernière date aura lieu fin février, à Nancy. Il y aura peutêtre une reprise à Paris ensuite.
– Des projets après ? – Après je vais certainement animer un stage pour comédiens professionnels à Paris, avec un autre Haut-Normand : Olivier Parenty. D’ailleurs il joue aussi dans Caligula. Après, il y aura un film, deux qui sortiront, une pièce de théâtre, et puis la préparation de mon deuxième album.
Propos recueillis par Thierry CHION
Vendredi 27, à 14h et 20h, et samedi 28 janvier, à 20h, au Théâtre Ch. Dullin, Allée des Arcades, Grand-Quevilly DE 25 À 29 EUROS