La Ville s’associe à l’Education nationale et la direction régionale des affaires culturelles pour garantir la poursuite des projets culturels dans les écoles. L’accent est mis sur la pratique de la danse et sur la lutte contre l’illettrisme. C’est au sein de la bibliothèque Elsa-Triolet, inaugurée il y a vingt-cinq ans, que le maire Hubert Wulfranc, l’inspecteur d’académie, Philippe Carrière, et le directeur régional des affaires culturelles (Drac), Luc Liogier, se sont récemment retrouvés pour officialiser un partenariat culturel, à destination des élèves de la ville, autour de deux thématiques : la lutte contre l’illettrisme et la «ville qui danse». Ensemble, ils ont signé une Cleac : convention locale d’éducation artistique et culturelle.
La rencontre avait un goût de retrouvailles pour les représentants de ces trois institutions qui étaient réunis pour la deuxième fois en six mois à Saint-Etienne-du-Rouvray. En juin dernier, ils officialisaient l’ouverture de la classe à horaires aménagés danse (Chad).
«Cette convention constitue une pièce supplémentaire de notre engagement commun à destination des enfants», a affirmé le maire rappelant à cette occasion que «la culture pour tous, l’éducation populaire sont au cœur même de la ville. La Cleac donne du sens et de la lisibilité au travail de fond engagé depuis longtemps autour de la culture». De son côté, le directeur de la Drac a insisté sur l’importance «de fédérer et d’organiser les moyens à l’échelle d’un territoire», particulièrement à une époque où l’argent public se raréfie.
L’inspecteur d’académie a quant à lui insisté sur le volet consacré à la lutte contre l’illettrisme qui concernera notamment les élèves de 49 classes, au travers du «Voyage lecture», proposé dans les bibliothèques stéphanaises. «N’oublions jamais que tous les enfants n’ont pas accès aux livres chez eux. 15% des élèves haut-normands quittent le système scolaire avec des difficultés graves. Il faut s’attaquer à ce fléau. Et pour cela, nous avons besoin d’une convergence des politiques publiques. C’est essentiel de rencontrer des auteurs, de participer à des prix littéraires et ainsi de faire entrer les enfants dans un monde très riche, d’élargir leur horizon.»
Si en elle-même, la Cleac ne permettra pas réellement de développer de nouveaux projets, elle garantit des financements à des actions déjà bien implantées, pour trois ans au moins. En cela, elle constitue une grande satisfaction pour les élus. En 2010/2011, la Ville avait décidé de faire un effort financier exceptionnel afin de soutenir tous les projets d’écoles, malgré la suppression des financements d’Etat concernant les classes à PAC (projet artistique et culturel) et la baisse significative de l’enveloppe «politique de la ville». Mais elle n’aurait pu porter seule ces projets pendant longtemps.
«Ce Cleac est une façon de dire qu’ensemble on est plus fort et d’insister encore un peu plus sur l’idée que l’éducation artistique va bien au-delà de l’enseignement d’une simple matière. Ce peut être tout à fait positif pour l’ensemble des apprentissages de l’enfant en suscitant chez lui d’autres intérêts, d’autres désirs», affirme quant à lui l’adjoint à la culture Jérôme Gosselin.