Un pilier de l'histoire des Quatre chemins
Quand l’abbé Beaupel meurt le 26 juin 1885, seul le dallage de l’église est encore à faire. Autant dire que le brave homme a plus qu’accompli la mission qu’il s’était fixée. 34 ans de travail tout de même depuis la pose de la première pierre. Désormais, les trois cloches du carillon vont avoir plusieurs décennies pour résonner sur le quartier des Quatre chemins. « La nef de l’église Saint-Vincent s’élève sur trois niveaux » expliquent Max Bengsston et Gilbert Berron dans leur ouvrage consacré à Saint-Vincent. Les deux historiens havrais soulignent que les différentes caractéristiques techniques de l’intérieur de l’église sont « d’une grande unité dans la conception ». Église dont on rappelle qu’elle mesure 58 m de longueur sur 18,76 de large. Sa hauteur est de 14 m, tandis que sa tour lanterne et son clocher atteignent chacun 23 et 59 m.
L’église de Saint-Vincent a traversé le temps et les conflits sans trop de bobos. La guerre de 1870-1871 et la Première Guerre Mondiale n’occasionnèrent guère de dégâts. Ce ne fut pas le cas de la guerre 39-45, notamment lors des bombardements du 5 septembre 1944. Clocher, toiture, sacristie, voûtes firent les frais de la bêtise humaine. « De nombreuses lézardes apparurent et les vitraux volèrent en éclat » raconte Gilbert Décultot dans son livre « Le Havre, ses églises ».
Les vitraux ont été refaits par André Martin, artiste de Fécamp. « Les couleurs sont très chatoyantes au soleil selon les heures et les saisons » commente le duo Bengsston/Betton.
On notera que l’église est dotée d’une tapisserie originale signée Jacques Aubourg et d’un orgue datant de 1883 qui fut restauré en 1962, 1982 et 1998. Lui aussi avait eu à subir les bombardements de 44. « Les offices de Saint-Vincent de Paul et les récitals des plus grands interprètes français ont depuis longtemps prouvé sa valeur ». Voilà qui honore sans nul doute de la plus belle façon qui soit le souvenir de l’abbé Beaupel. Ce dernier repose dans l’église, « dans la chapelle du Sacré-cœur à l’ouest du transept dans un caveau funéraire à l’initiative de monsieur le maire ».
DLM-T