Catherine Vion mène un travail où les sentiment se révèlent, se dévoilent.
Ce récit personnel s’est imposé à son auteur, suite au décès de sa mère. Il fallait coucher sur papier ces mots et ces peines. Alors que la maladie d’Alzheimer fait s’envoler les souvenirs, c’est en accompagnant sa mère dans cette épreuve que Catherine Vion put retrouver la mémoire de son passé enfoui.
L’Adieu au Léman, nous confie-t-elle, « est une plongée au cœur de moi-même » car « à la virgule près, tout ce qui est écrit est vrai ».
Le texte revient sur les sentiments mêlés qu’engendre la maladie chez les proches : colère, rejet, désespoir. Autant de ressentis que Catherine Vion n’occulte pas car il faut « mettre des mots sur les émotions et la souffrance ».
C’est sur ces mêmes émotions qu’elle travaille dans les spectacles interactifs qu’elle écrit et interprète.
Sa compagnie « L’Inattendu » traite de thèmes de société : peuvent être abordés la drogue, les violences conjugales, le sida. Autant de sujets autour desquels sont articulées les interventions théâtrales.
Les spectacles sont l’occasion d’échanger : le public intervient après chaque saynète, partageant un point de vue, une expérience. « Des mots semés en chemin », spectacle présenté, depuis 2009, lors de la journée mondiale d’Alzheimer, traite d’ailleurs de la maladie.
C’est l’occasion pour les aidants et les proches de mieux comprendre la douleur, d’accepter les peurs et les colères. Tout comme le livre, récit de la réparation, véhicule un message d’espoir, les spectacles, favorisant le dialogue, apaisent les personnes. Catherine Vion privilégie les échanges humains : « Les humains sont au cœur de ma démarche ». Chaque rencontre est, pour elle, l’occasion de « faire le plein d’émotions ».
De notre correspondante S.B.
L’Adieu au Léman Editions de l’Aiguille,
Collection Poésie. Prix : 14e.