Alors qu’elle se maquillait avant de monter sur scène, Stephanie Laurendeau nous a reçu dans sa loge pour nous raconter son parcours exceptionnel. Depuis 15 ans, la rouennaise est première danseuse du célébrissime cabaret Parisien.

Ceux qui la connaissent confient que Stéphanie L a u re n d e a u e s t quelqu’un de très réservé. Pourtant, aujourd’hui elle est première danseuse au Lido, à Paris. «Beaucoup d’artistes sont réservés. Dès que je pose un pied sur scène, ce n’est plus Stéphanie Laurendeau qui se présente, c’est quelqu’un d’autre. Nous jouons un rôle. Cela m’a permis de trouver un équilibre. Mais c’est vrai, dans la vie privée je suis réservée».
Pour avoir des copines
Stéphanie Laurendeau a commencé la danse très jeune. Ses professeurs remarquent rapidement ses facultés et le font remarquer à ses parents. Ils leur conseillent de la mettre au conservatoire. Elle y entre à 9 ans et sort quatre ans plus tard avec la médaille d’or.
Médaille d’or à 13 ans
«C’est à partir de 13 ans que la danse est apparue comme une évidence dans ma vie. J’ai pris conscience que j‘avais obtenue cette médaille d’or extrêmement jeune. Habituellement les danseuses terminent leur cycle vers 17 ans».
Dans la foulée, la jeune fille intègre le conservatoire supérieur de Paris en danse classique. Elle y décroche un premier prix à l’âge de 17 ans. «Une bourse était attribuée en fonction des résultats pour aller à la School of American Ballet, à New-York». Elle y reste un an.
Trop grande
De retour en France, elle passe des auditions dans différentes compagnies de France et d’Europe. «J’étais trop grande. Je fais 1,82 mètre. Il m’était impossible d’intégrer un groupe de ballet, faute de partenaire de la même taille. Tout le monde pense que les danseuses classiques sont très grandes». Finalement ce handicap deviendra rapidement un atout.
Rencontre décisive
«Je dansais sur un téléfilm : «L’allée du roi». Mon partenaire était ancien danseur principal du Lido. Sur un tournage on attend beaucoup. Nous avons bavardé et il m’a convaincue de venir au Lido. J’y suis allée par curiosité, je ne pensais pas pouvoir les intéresser avec ma formation classique. J’y suis allée sans stress. Et à ma grande surprise j’ai été retenue».
Rapidement, la danseuse rouennaise passe du statut de Bluebell à celui de danseuse principale, un poste qu’elle occupe depuis 15 ans.
«Ça a été extrêmement rapide. C’est le fruit d’une rencontre et d’avoir eu la chance d’être là au bon moment. Aujourd’hui j’éprouve un véritbale plaisir d’être sur le devant de la scène, mais on n’a pas droit à la moindre erreur».
Stéphanie Laurendeau et Rouen

Dès qu’elle peut, Stéphanie Laurendeau revient à Rouen, certes brièvement. Elle nous parle de ces lieux qu’elle aime.
“Quand je reviens, je passe toujours rue du Gros horloge, c’est un des axes incontournables de Rouen. J’ai besoin de revenir régulièrement à Rouen afin de me ressourcer », confie la première danseuse du Lido.
Et de souligner : «J’ai un rythme de travail assez soutenu. Je ne reste malheureusement pas longtemps à chaque fois.Mais je trouve quand même le temps d’y aller, il le faut».
Reconnue
Elle vient voir ses parents, sort avec eux, notamment au marché de la place Saint-Marc. «C’est marrant, il y a des gens qui m’ont connue toute petite et qui me reconnaissent. Ça fait plaisir».
Et puis il y a sa fille, «elle est née à Mont-Saint-Aignan», ditelle en souriant.Et pendant les vacances scolaires, la fille de Stéphanie Laurendeau vient également se ressourcer en terre normande.
Puis la jeune trentenaire de souligner : «Il y un endroit que je connais parfaitement, c’est la gare de Rouen. Je prends régulièrement le train depuis l’âge de 13 ans».
Thierry CHION