Sur la scène du Rive Gauche, une série de spectacles mettent la danse au féminin pluriel. Femmes magnifiées, émancipées ou corsetées sont au cœur des prochains rendez-vous, comme ce mardi 14 février avec Elles de Sylvain Groud. Sollicité par le festival Suresnes Cité Danse, qui s’ingénie à lancer des passerelles entre le hip-hop et le contemporain, le chorégraphe normand Sylvain Groud choisit de subvertir le genre en construisant une série de cinq solos au féminin. Ainsi naît Elles, présenté le 14 février. « Avant même la féminité, je voulais mettre en évidence la femme : ce qu’elle apporte avec sa différence à la danse hip-hop, raconte le chorégraphe. Je viens de la gym où les différences entre hommes et femmes sont évidentes dans le rapport à la force, à la puissance athlétique. Là dans cet univers marqué par la caricature macho du rappeur à casquette, j’ai cherché quels étaient les atouts des femmes, par quels moyens détournés elles imposent leur marque de fabrique et réussissent à leur tour à devenir des références chez les hommes ».
Sylvain Groud a beaucoup auditionné avant de composer son équipe de cinq femmes, avec des personnalités et des corps bien affirmés. « Elles ont montré leur complexité, leur difficulté à exister pour danser, leur volonté de prendre en main leur choix de vie, dans un monde qui fait encore la part belle aux hommes », souligne le chorégraphe.
La danse libératrice ? Rien d’évident au départ, si l’on se souvient avec Sylvain Groud des danseuses « fantômes, anorexiques, légères, diaphanes jusqu’à l’immatériel ». À rebours d’un corps de ballet qui corsette, Mariana de Maryse Delente, reprise d’une pièce conçue il y a vingt ans, met en scène le corps féminin et son rapport au désir. À l’origine de cet autre quintet se trouve un classique du XVIIe siècle, les Lettres de la religieuse portugaise, cinq lettres d’amour et sur l’art d’aimer. Sur scène la sensualité s’exprime par le jeu, voire la lutte, entre corps et costumes, lourdes robes qui donnent à voir autant qu’elles masquent, jusqu’à ce que triomphe la liberté de disposer de soi…