Le début de l’automne se caractérise par des feuilles qui tombent et qui se ramassent à la pelle. Depuis maintenant dix ans et encore plus ces cinq dernières années, la fin de l’hiver se caractérise par l’annonce de fermetures de classes. Les mauvaises nouvelles tombent et mobilisent les élus, les enseignants et les parents d’élèves. Le sacro saint principe de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans l’education nationale conduit à des aberrations. Pour rendre suffisamment de postes au ministère les recteurs, notent depuis peu à la performance, s’attaquent notamment aux postes en RASED. Derrière ce terme se cache une réalité. Certains élèves, plus fragiles, ont besoin d’être accompagnés, d’être entourés par des enseignants formes pour cela. Supprimer ces postes, c’est laisser sans réponse la détresse de ces enfants. Autre aberration, pour répondre aux objectifs du gouvernement, la logique comptable l’emporte sur le reste. Ils appliquent les mêmes ratios sans tenir compte des réalités locales sauf en ce qui concerne les zones dites prioritaires. On sait que l’école en milieu rural joue un role capital. Aménagement du territoire, service public local, attractivité, désertification, si ces mots ont encore un sens c’est souvent à travers l’école qu’il se niche. Affaiblir les écoles en milieu rural c’est très souvent fragiliser les villages. L’absence d’école ou des classes isolées font hésiter des parents quand vient l’heure de choisir son lieu d’habitation. Cette année comme les années précédentes, notre département est sévèrement touché par les mesures du gouvernement en matière d’éducation. On annonce plus de 65 fermetures de classes. Toujours la suppression de poste RASED. Des dotations horaires à la baisse dans les collèges et les lycées. Des postes de remplaçants disparus. La semaine dernière, j’ai été directement sollicité par des parents d’éleves et des élus. Ceux du collège Bernard à Barentin par exemple. Ou encore les élus du RPI de Montigny et La Vaupaliere, ceux de Pissy-Poville, de Duclair, du Trait, de Pavilly, de Caudebec-en-Caux, ceux du SIVOS de Triquerville, Touffreville la câble et Anquetierville, de Malaunay et de bien d’autres encore qui sont exaspérés par ces annonces. Ils mènent plusieurs actions pour se faire entendre.
De la pétition, à la manifestation comme aujourd’hui à Rouen, en passant par l’occupation d’écoles comme à Touffreville la Câble. Ce matin j’ai apporté mon soutien aux parents d’élèves de l’école Malraux de Duclair. Entourés du maire et des élus de son conseil, et de Pierrette Canu, la conseillère générale du canton, les parents d’élèves, très motivés et bien organisés, ont immobilisé quelques minutes le bac et se sont rendus en cortège à l’école pour remettre a la representante de l’inspecteur plus de 950 signatures d’habitants farouchement opposés à la fermeture annoncée. Le tout dans le calme. On ne peut pas rester les bras croisés devant des situations aussi aberrantes.