Dans son rapport annuel, la Cour des Comptes pointe du doigt le coût de la
réforme portuaire par rapport aux objectifs initiaux. « Une
mise en œuvre marquée par des compromis » précise le titre du rapport qui
donne le ton…
Si les sept grands ports maritimes (GPM) sont concernés à divers degrés, Le
Havre n’échappe pas aux remarques des contrôleurs de la gestion publique.
Premier accusé : le transfert des outillages jugé
» onéreux pour les ports « : le rapport note que ces outillages
ont été vendus « à un prix très bas, souvent en-deçà même de leur valeur
nette comptable « .
Au Havre, une première expertise du port affichait un
montant de 42,8M€ mais la vente a été finalement conclue trois fois moins cher,
à 13,9M€.
La Cour des comptes tempère son jugement et apporte quelques arguments en faveur de ces glissements
: » l’accord sur le prix est intervenu dans le cadre d’un équilibre global »,
qui-plus-est dans une période de crise économique justifiant » un prix économiquement
» raisonnable » ; est également rappelé la « contrainte temporelle »
: les présidents des directoires des ports disposaient en effet de trois mois seulement
(après l’adoption du projet stratégique) pour trouver un accord avec les opérateurs
habituels des terminaux.
Les auteurs du rapport soulignent néanmoins que » l‘addition
de tous ces éléments a mis les manutentionnaires en position de force »
et » ces ventes conclues en-deçà de la valeur nette comptable ont contraint
les ports concernés à opérer les dépréciations nécessaires dans leur bilan « .
L’autre revers de la reforme portuaire porte sur le » difficile
transfert des personnels « . Sont évoqués l’accompagnement social
» couteux « , avec notamment une prise en compte extensive de la pénibilité
» et un régime de détachement » favorable » : la Cour des comptes souligne
les contreparties accordées pour « négocier » ce détachement dans le privé.
Au Havre, la prime de détachement, échelonnée selon l’âge de l’agent entre 7000et
15000 €, atteint un montant fixe dans le port de la Porte océane de 18000€.
Les auteurs du rapport émettent des suggestions. Même si la réforme portuaire s’est traduite par une dérive des coûts et de nombreux
compromis, les auteurs du rapport ne manquent pas de rappeler son bien-fondé
: » malgré ses difficultés et insuffisances, la réforme peut cependant produire
à terme des effets positifs, sous certaines conditions « .
Parmi les recommandations
adressées aux Grands ports maritimes figurent l’encouragement à » adapter
les effectifs à leurs besoins réels, ce qui suppose que les départs
anticipés, favorisés par les mesures l’accompagnement de la réforme, ne soient
pas systématiquement remplacés et qu’une gestion prévisionnelle des effectifs
soit mise en place" ; Le rapport fait enfin paraitre en annexe les
réponses des principaux concernés. Parmi eux figure le président
du directoire du GPMH, Gilles Fournier : « vos commentaires
sont sévères, mais très souvent justifiés, aussi nous nous
empressons de vous dire que nous n’avons pas de commentaires à apporter à vos
conclusions et, étant concernés au premier chef, nous allons nous appliquer
à tenir compte de vos recommandations. «
En fait ces "critiques" de la Cour des comptes valent pour toutes réformes : Si les réformes sont souvent – voire
toujours – couteuses dans un 1er temps, ne perdons pas de vue qu’elles demeurent
indispensables pour préparer l’avenir.
D’autre part plus on tarde à faire des réformes et plus elles seront difficiles à réaliser…..
Pour obtenir le texte complet du rapport, cliquer ici