
Çà y est, notre bon président Nicolas 1er vient de se déclarer
candidat. Sa déclaration marque la fin d’un suspense insoutenable et le début
d’une campagne électorale qui, n’en doutons pas, sera digne, forcément
digne…
C’est donc sur TF1 que l’occupant, certains diront squatter, de Élysée a
officiellement annoncé sa candidature pour se succéder à lui-même. Certes, on
aurait préféré que le mari de Carla fasse preuve d’un peu plus d’imagination et
d’originalité qui soient plus en cohérence avec les idées qu’il défend. Ainsi,
pourquoi ne pas avoir, pour faire peuple, présenté sa candidature dans des
médias plus appropriés ? Le candidat du peuple qui se déclare dans
l’Humanité ou dans Paris-Turf, cela aurait eu un peu plus de gueule, mais
bon.
Car l’angle d’attaque de l’entame de cette campagne par l’omniprésident est
bien sûr de faire proche de ceux qu’il n’a cessé de dézinguer avec ses
porte-flingues tout au long de ce quinquennat qui n’en finit pas de… finir.
C’est donc en toute logique que le père du prince Jean a effectué son premier
meeting de campagne dans la bonne ville de, peuchère, Marseille, à l’ombre de
Notre Dame de la Garde (rien à voir avec l’ancienne ministre devenue chef du
FMI), des supporters de l’OM qui n’en ont à juste titre strictement rien à
faire, et des kalachnikovs dont la légende alimente les supputations
sécuritaires d’une « Droite populaire » plus que présente dans ce sud
est de la France métropolitaine où les votes d’extrême-droit font la pige à
ceux de la droite extrême.
De nombreux observateurs patentés et commentateurs autoproclamés commencent
à sentir qu’un changement de régime est possible, enfin quand je dis régime, je
ne parle pas de la diète de François Hollande. Pourtant, tels que des moules
sur un rocher, nos éditorialistes médiatiques continuent à s’accrocher à la
possibilité de voir le président actuel réélu. Cette énergie du désespoir peine
malgré tout à masquer quelques défaillances dans la campagne d’un président qui
n’a jamais rechigné à jouer avec les symboles, y compris et surtout, de ses
adversaires.
Ainsi, l’affiche de campagne sobrement intitulée « la France
forte » nous semble tout droit sortie d’un cours de communication
illustrant ce qu’il ne faut surtout pas faire. Alors qu’il est un des adeptes
du « produire français », succédané (en un mot) du slogan du PC dans les
années 80 et remis au goût du jour par l’agent orange, Nicolas S se montre sur
un montage avec une photo de la Mer Egée bordant le littoral grec. Comme si
cela ne suffisait pas, ce que d’aucuns appellent « l’hymne » de
campagne a été conçu et enregistré à Sofia, Bulgarie.
Mais le coup de grâce vient de l’actualité. Un de ses nombreux amis,
Stéphane Courbit, producteur de TV trash, vient de perdre son yacht (le plus
long jamais immatriculé en France) dans cette même mère (et non Mémère)
pourtant si calme sur l’affiche. C’est tout le système Sarkozy qui coule à la
lumière de cette actualité nautique.
De plus sur cette affiche, l’ex de Cécilia gratifie les français d’un regard
fuyant, de biais, qui n’illustre aucunement la théorie, peut-être partagée par
DSK mais allez savoir, que pour séduire la France, il faut la regarder dans les
yeux. On objectera qu’il n’a pas besoin de séduire la France, car il l’a déjà
fait ou encore qu’avec une femme comme la sienne, il pourrait ne plus avoir à
séduire quiconque (comme avait promis DSK à Anne Sinclair ?). Battant un jour
le chaud et le lendemain le froid, à moins que ce ne soit l’inverse, Nikkos
(c’est bien un prénom grec, non ?) s’enferre dans ses contradictions inhérente
à sa personne. Un jour c’est une métaphore jauréssienne, le lendemain une
périphrase… marine.
Si ses supporters pensent que c’est que le personnage est complexe, ses
détracteurs (qui ne sont pas tous paysans) pensent au contraire que le
peut-être futur ex président a perdu pied, fait des ronds dans l’eau au fur et
à mesure que son équipage quitte le navire en se cherchant une bonne chaloupe,
par exemple chez Véolia.
Le mot de la fin à l’antique philosophe grec, Ovide qui pensait peut-être à
ses compatriotes du début du XXIème siècle et a écrit un jour :
« Celui qui a fait un naufrage tremble devant des flots
tranquilles. »
Quand à moi, j’arrête là de charger la barque…