Matthieu Simon espère recueillir le plus grand nombre de témoignages de Havrais qui ont vécu, ou vivent, dans les cités provisoires.
LE HAVRE – Elles ont été nombreuses les cités provisoires au Havre au lendemain de la guerre. Et elles seront restées debout longtemps. En 1964, avec la disparition du camp de Montgeon et la reconstruction de l’église Saint-Michel, on considère la reconstruction de la ville totalement achevée. Ces cités, ce furent autant de lieux de vie et de solidarité, un fort esprit de communautarisme.
Pourtant, à ce jour, aucun fonds d’archive n’existe réellement sur le baraquement havrais. « Ces cités, symbole à leur naissance de renaissance, ont glissé progressivement vers le symbole de la précarité. Dans les années 60, beaucoup étaient squattées. L’image qu’elles renvoyaient ne pouvait être que négative. On peut peut-être trouver là l’une des raisons de cette mémoire tue ».
Elisabeth Chauvin, de la Maison du Patrimoine, travaille le sujet depuis plusieurs années. Une première collaboration avec des chercheurs du CNRS a permis un travail de collecte des souvenirs de ces cités. Aujourd’hui, c’est avec le Pôle Image et le réalisateur havrais, Matthieu Simon que l’ambition se poursuit.
Le réalisateur souhaite recueillir des témoignages de Havrais qui ont vécu dans les cités ou qui y vivent encore. Des baraquements subsistent en effet, comme à Aplemont, et ils sont habités.
Son souhait : construire un dialogue entre ces récits de vie et des images d’archives. « Ce film sera sensible avant d’être scientifique. Je veux metttre en lumière la mémoire vive des cités ».
Son film sera diffusé à la Maison du Patrimoine du 23 juin au 23 septembre, en même temps que l’exposition sur l’Habitat d’Urgence. Les Havrais qui détiennent des films ou des photographies sur les cités provisoires de la ville sont également invités à se faire connaître de la Maison du Patrimoine.
K.Lebrun