Le rapport sur l’axe seine : 18 milliards pour aménager notre territoire.

as.jpgAntoine Rufenacht, Commissaire Général au Développement de la Vallée de la Seine a rendu public, le 22 février, le rapport remis le 15 février au premier ministre, et des propositions chiffrées à 18 milliards d’euros pour aménager et dynamiser un territoire allant de Paris jusqu’au Havre.

Pour coordonner ces aménagements, il propose que s’installe une conférence composée à parité de 15 personnes pour l’État, 15 pour les collectivités territoriales (3 régions, 6 départements, les agglomérations) et 15 pour le monde économique, adossée à un Commissariat général du développement de la Vallée de la Seine pérennisé avec un effectif étoffé qui serait une force de proposition, mais pourrait également porter la mise en œuvre des projets retenus.
 
En matière d’investissement, quatre projets majeurs structurants pour l’Axe Seine, représentent une enveloppe globale de 18 milliards d’euros.

La ligne nouvelle Paris-Normandie en constitue bien sûr la colonne vertébrale. Le débat public s’est achevé et la commission nationale devrait rendre ses conclusions le 21 mars. Autres projets ferroviaires évoqués, les liaisons fret franciliennes au service des ports du Havre et de Rouen, l’objectif étant de créer des débouchés à l’est de Paris pour les marchandises venant du Havre.

Pour la route, le rapport a ciblé deux projets structurants : l’achèvement de l’autoroute A104 (Francilienne), entre Méry-sur-Oise et Orgeval pour la desserte du port fluvial d’Achères, et la création du contournement à l’est de Rouen, faisant liaison entre l’A28 et l’A13.

Pour les ports, une desserte fluviale de Port 2000 au Havre reste d’actualité. Les options d’écluse ou de bateaux mixtes pouvant naviguer en mer ou sur fleuve étant écartées, le Commissariat retient l’idée d’une « Chatière », un passage à travers une digue du port du Havre permettant d’accéder directement du fleuve à la mer.
 
Parallèlement à ces projets d’aménagement, le Commissariat Général propose aussi des transformations institutionnelles, la plus spectaculaire étant la fusion des ports de Paris, Rouen et du Havre, le GIE Haropa créé récemment entre ces ports n’étant pas suffisant selon lui, mais aussi le rapprochement des trois universités de Caen – Le Havre et Rouen en une Univesité de Normandie, et la fusion des écoles de commerces de Rouen Business School, l’École de Management de Normandie (Caen et Le Havre) avec l’Essec, installée à Cergy Pontoise.

S’il ne reste qu’à espérer ne pas voir ce rapport finir au fond d’un tiroir, et voir l’axe seine rentrer de plein pied dans le club très fermé des territoires à haut niveau de service, l’union de tous les acteurs demeure plus que jamais nécessaire.

Hélas, pour cause d’enjeux électoraux prochains, c’est aujourd’hui le clan fabiusien qui fait entendre un son discordant, comme à son habitude, dans un communiqué de presse jugeant « que la Vallée de la Seine mérite mieux que cela », une charge dont on ignore si elle est partagée par la secrétaire Générale Adjointe au Commissariat du Développement de la Vallée de la Seine, chargée du développement économique et de l’innovation, co-élaboratrice du rapport et de ses préconisations qui n’est autre que Laurence Tison, Maire adjointe de Rouen, Conseillère régionale de Haute-Normandie et Conseillère communautaire de la CREA, qui pour le coup se retrouverait dans une position plus qu’inconfortable.

On pourrait sourire quand on sait que ceux qui crient au loup aujourd’hui, sont ceux qui souhaitent voir la Ligne Nouvelle Paris-Normandie se résumer à un doublement du Mantois et à une nouvelle gare sur la rive gauche de Rouen comme seuls investissements nécessaires, et qu’ils en font le discours du candidat socialiste aux présidentielles qu’hier encore ils décriaient d’un « vous imaginez Hollande Président ? ».

On se consolera toutefois en remarquant que ni le Maire de Paris ni les élus bas-normand n’accompagnent la charge. Preuve qu’ailleurs qu’en Fabiusie on peut avoir la notion du jeu collectif, et la confirmation d’une phrase lachée dans le Monde par celui qui pratique chez nous le fait du prince depuis plus de trente ans : « un mandat local parce que ça m’amuse, un mandat national parce que ça m’intêresse ».

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