On dit souvent du Salon International de l’Agriculture que c’est la plus grande ferme de France. A parcourir ses kilomètres de travées aux mille saveurs de nos produits du terroir et à voir ses centaines de bêtes, veaux, vaches, cochons, moutons, chèvres, poules, canards…, une véritable Arche de Noé, on le croit volontiers. Plus qu’un lieu, le salon de l’agriculture est un lien solide entre les Français et leurs racines rurales. Des milliers de visiteurs, la plupart des villes, arpentent les allées du salon. Les enfants y vont à la recherche de sensations fortes autour des animaux. Les parents sont friands de produits frais. On y va en famille, entre amis ou en groupes organisés. Pour beaucoup c’est un rituel, un rendez-vous incontournable. J’y vais depuis plusieurs années maintenant. Hier pendant quelques heures, loin du record de François Hollande qui y est resté pratiquement douze heures, j’ai parcouru les différents halls en m’attardant plus particulièrement au niveau des stands de notre région. Si le salon ressemble à une ferme, c’est aussi parfois un village car on y rencontre très vite des gens qu’on connaît. Un vrai petit monde.
Ainsi j’ai pu y croiser un groupe de visiteurs de l’association le P’tit Dalot de Villequier, de Caudebec-en-Caux et même Petiville. Jacques Lozay, le dynamique président, avait en effet organisé un déplacement toute la journée. Un peu plus loin au stand de la Gourmandie, je suis allé soutenir le jeune Antoine Jung, un cuisinier prometteur et plein de talent qui s’activait auprès de “toques régionales” pour représenter notre savoir-faire culinaire. J’y ai manqué de peu, Arnaud Genty, le chef duclairois, qui y mettait à l’honneur ses “snackinj”, sorte de mini-hamburger de Saint-Jacques, une invention des plus originales.
On le connaît plus pour sa célèbre recette du canard… L’avantage du salon c’est que les cuisiniers y cotoient les producteurs. Une filière courte grandeur nature. Les cuisiniers n’ont qu’à tendre la main pour prendre les meilleurs produits. Au rang desquels se range une nouvelle fois, notre fameux cidre du Clos des Citots de Heurteauville. Gérard Lenormand a d’ailleurs reçu une huitième médaille pendant le salon. Une habitude pour ce cidre reputé bien au-delà de la Presqu’ïle de Brotonne. Il n’y a pas que les produits qui sont primés. Je suis très heureux que l’association “les Défis Ruraux” présidée par Jean-Paul Commare, ait reçu le trophée de l’agriculture durable des mains du ministre. Tout comme j’ai félicité Vincent Andrieu qui a reçu lundi soir au salon, devant un parterre de responsables agricoles, l’ordre national du mérite. Ancien président du contrôle laitier, éleveur à Villequier et à Anquetierville, il fait autorité en la matière. J’ai souvent eu l’occasion d’apprécier son expertise et sa connaissance du monde de l’élevage et de l’agriculture en générale. Une décoration largement méritée pour un homme discret qui ne court pas derrière les honneurs mais qui a toujours cherché à bien faire son travail et à transmettre sa passion de la qualité et des races animales. Encore une fois, j’ai quitté le salon comme on quitte une ferme ou un village familiers, avec l’envie d’y revenir.